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Voitures de luxe, dettes, vie de star : « Il y en a qui paradent en voitures faramineuses alors qu’ils sont encore locataires », Meiway recadre les jeunes…

Photo : L’artiste ivoirien Meiway, au lancement Abiassa2026


Loin du faste et des apparences, Meiway revendique une autre conception de la réussite. Pour l’artiste ivoirien, le premier réflexe lorsqu’arrivent les premiers revenus ne doit pas être de courir derrière les voitures de luxe ou de chercher à afficher son nouveau statut social. Dans une déclaration empreinte de vécu et de conseils à la jeune génération, le créateur du « Zoblazo » raconte comment il a choisi, au début de sa carrière, de sécuriser sa famille avant de penser à son propre confort.

1988, la disparition du père

Le parcours de Meiway a été marqué par une épreuve familiale avant même que sa carrière ne connaisse son premier grand succès. Son père, qu’il décrit comme « le pilier » de la famille, est décédé en 1988, soit un an avant la sortie de son premier album, qui connaîtra le succès en 1989. À cette époque, la famille n’était pas encore propriétaire. Sa mère, ses sœurs et son petit frère se retrouvent ainsi dans une situation qui pousse le jeune artiste à revoir ses priorités lorsque les premiers revenus commencent à arriver. « Mon tout premier investissement a d’abord été de penser à ma famille : ma mère, mes sœurs et feu mon petit frère. », explique-t-il.

Un terrain et une maison pour les siens

Pour Meiway, les premiers fruits de sa carrière doivent avant tout servir à mettre les siens à l’abri. Plutôt que de s’offrir immédiatement les attributs d’une vie de star, il achète un terrain et entreprend de construire une maison destinée à sa famille. « J’ai acheté un terrain. J’ai construit une maison pour ma famille. J’ai d’abord voulu mettre ma famille à l’abri avant de penser à moi. », confie l’artiste. Un choix qui, avec le recul, nourrit sa conviction que la réussite ne se mesure pas uniquement à ce qui se voit. Pour lui, cette décision familiale constitue l’un des fondements de la stabilité dont il bénéficie aujourd’hui.

Dix ans avant sa première maison personnelle

Meiway révèle également que sa première maison personnelle n’est arrivée qu’en 1999, dix ans après le début de sa carrière. Une chronologie qu’il présente comme la preuve d’une philosophie de vie fondée sur la patience et la construction progressive. L’artiste affirme par ailleurs avoir réalisé d’autres investissements à Abidjan ainsi qu’à Bassam, tout en refusant d’étaler publiquement l’ensemble de son patrimoine. Son message est clair : dans toute activité, il faut savoir hiérarchiser ses priorités. « Il faut toujours commencer par le début et non par la fin. », martèle-t-il.

Pas de voitures bling-bling avant la stabilité

Cette philosophie explique également son rapport au paraître. Meiway assure que vivre « à l’américaine » ou rouler dans des voitures luxueuses n’a jamais constitué une priorité pour lui. L’artiste dit avoir préféré rester « humain », accepter certaines concessions et investir progressivement plutôt que de se laisser emporter par le statut de vedette. Une stratégie qui, selon lui, lui a permis de bâtir des actifs susceptibles de lui assurer aujourd’hui une certaine stabilité financière.

Un avertissement à la nouvelle génération

C’est surtout à la nouvelle génération d’artistes que Meiway adresse son conseil. Il dénonce une course aux signes extérieurs de richesse qui peut, selon lui, donner l’illusion de la réussite sans garantir la sécurité financière. « Il y en a qui paradent en ville dans des voitures à des coûts faramineux alors qu’ils sont encore locataires, avec parfois même des arriérés de paiement. », déplore-t-il. Pour le monument de la musique ivoirienne, le prestige ne doit donc jamais prendre le pas sur les fondamentaux : se loger, sécuriser sa famille, investir et préparer l’avenir.

« Vaut mieux marcher que courir »

Au terme de son témoignage, Meiway livre une formule qui résume toute sa philosophie :

« Vaut mieux marcher que courir. Celui qui marche a moins de chance de trébucher. »

Une leçon tirée de plusieurs décennies de carrière, dans lesquelles l’artiste dit avoir privilégié la construction patiente plutôt que la démonstration ostentatoire de richesse. À travers son propre parcours, Meiway invite ainsi les jeunes artistes à penser au-delà du succès immédiat : transformer les premiers revenus en investissements durables, mettre les proches à l’abri et construire progressivement une indépendance financière. Pour lui, la véritable réussite n’est pas nécessairement celle qui fait le plus de bruit dans la rue. Elle est aussi celle qui permet, une fois les projecteurs éteints, de rester debout.

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