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PME : +130 % de résultat net en Côte d’Ivoire, x5,7 au Sénégal… le pari de Serge Ekué avec la BOAD porte ses fruits

Photo : Le président de la BOAD, Serge Ekué, lors de la 151e Conseil d’Administration de la BOAD, à Lomé, vendredi 26 juin


Les Petites et Moyennes Entreprises (PME) occupent une place centrale dans les économies ouest-africaines, mais leur accès au financement demeure un défi majeur. Pour mesurer concrètement l’efficacité des mécanismes mis en place pour répondre à cette problématique, la Banque Ouest-Africaine de Développement (BOAD), présidée par le béninois Serge Ekué, a conduit des évaluations en Côte d’Ivoire et au Sénégal. Les résultats mettent en évidence des effets significatifs sur les performances des entreprises bénéficiaires.

Faciliter l’accès au crédit pour les PME

À travers ses lignes de refinancement, la BOAD intervient de manière indirecte auprès des PME. Le principe est de mettre des ressources à la disposition d’institutions financières partenaires, qui les rétrocèdent ensuite aux entreprises. Ce mécanisme permet notamment de toucher des entreprises qui, en raison de leur taille ou de leur profil, ne remplissent pas les conditions nécessaires pour bénéficier directement d’un financement de la BOAD. L’enjeu est donc double : élargir l’accès des PME aux ressources financières et permettre aux institutions financières locales de disposer de moyens supplémentaires pour accompagner les entreprises dans leurs projets d’investissement et de développement.

En Côte d’Ivoire, le chiffre d’affaires progresse de 17 %

L’évaluation réalisée en Côte d’Ivoire fait ressortir des résultats particulièrement significatifs. Les PME bénéficiaires des mécanismes étudiés enregistrent une progression de 17 % de leur chiffre d’affaires. Plus spectaculaire encore, leur résultat net augmente de 130 %. Ces performances témoignent de l’effet que peut produire l’accès à des ressources financières adaptées sur la capacité des PME à développer leurs activités et à améliorer leur rentabilité. Autre indicateur important : la qualité du portefeuille atteint 98,8 % en Côte d’Ivoire. Un niveau qui traduit la solidité du portefeuille de financement évalué.

Au Sénégal, le résultat net multiplié par 5,7

Le constat est également remarquable au Sénégal. Les PME accompagnées affichent une hausse de 9,6 % de leur chiffre d’affaires, tandis que leur résultat net est multiplié par 5,7. Cette progression particulièrement forte du résultat net constitue l’un des principaux enseignements de l’évaluation. Elle souligne l’importance du financement dans le renforcement des capacités financières et de la performance des PME. La qualité du portefeuille se situe, elle aussi, à un niveau élevé, avec un taux de 99,2 %.

Des financements évalués au-delà des seuls chiffres

L’exercice mené par la BOAD ne s’est pas limité à mesurer l’évolution du chiffre d’affaires ou de la rentabilité des entreprises bénéficiaires. Les analyses ont également porté sur les secteurs d’activité financés, l’utilisation effective des ressources mises à disposition ainsi que la prise en compte des critères Environnementaux, Sociaux et de Gouvernance (ESG). Cette approche permet d’apprécier non seulement la performance financière des mécanismes de refinancement, mais aussi leur contribution à un développement économique plus responsable et durable.

Transformer les enseignements en nouveaux leviers d’impact

À travers ces évaluations, la BOAD cherche surtout à mesurer l’efficacité réelle de ses interventions et à identifier les marges de progression. Les résultats enregistrés en Côte d’Ivoire et au Sénégal fournissent ainsi des enseignements utiles pour renforcer davantage l’impact des lignes de refinancement en faveur des PME. Derrière les chiffres, l’enjeu est majeur : permettre à davantage d’entreprises d’accéder au financement, de consolider leur activité, d’améliorer leur rentabilité et, à terme, de contribuer davantage à la création de richesse et d’emplois dans les économies de l’UEMOA. Avec ces évaluations, la BOAD entend ainsi passer d’une logique de financement à une logique de mesure de l’impact : savoir où vont les ressources, ce qu’elles produisent et comment optimiser leur contribution au développement du secteur privé.

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