Photo : Le président du Conseil togolais, Faure Essozimna Gnassingbé
Le président du Conseil du Togo, Faure Essozimna Gnassingbé, se rend à Londres ce mercredi 9 septembre. Il y séjournera jusqu’au vendredi 11 septembre, en qualité d’invité d’honneur du World Nuclear Symposium, un rendez-vous international majeur consacré à l’industrie nucléaire et à ses perspectives de développement.
Un déplacement au cœur des enjeux nucléaires
Cette présence du dirigeant togolais à Londres intervient dans un contexte où Lomé cherche à inscrire le nucléaire civil parmi les secteurs susceptibles de contribuer à son développement futur. Le World Nuclear Symposium réunit des responsables politiques, des dirigeants de l’industrie nucléaire, des experts et des représentants d’organisations internationales autour des grands enjeux liés à l’avenir de cette filière. Pour le Togo, la participation de Faure Gnassingbé offre ainsi une tribune internationale pour présenter les ambitions du pays dans un domaine encore nouveau pour lui.
Le Togo prépare son entrée dans le nucléaire civil
Depuis 2025, Lomé travaille à la mise en place d’un cadre institutionnel et réglementaire dédié au nucléaire civil. Cette démarche s’est notamment traduite par la création du Commissariat à l’énergie atomique togolais, ainsi que par l’élaboration de textes destinés à encadrer les questions de sûreté et de sécurité nucléaires. L’objectif n’est pas uniquement de produire de l’électricité à partir de l’atome. Le Togo entend également exploiter les applications pacifiques des technologies nucléaires dans plusieurs secteurs stratégiques.
Santé, agriculture et sécurité alimentaire dans le viseur
Dans cette perspective, le pays a signé un programme de coopération avec l’Agence Internationale de l’Energie Atomique (AIEA). Celui-ci doit permettre de renforcer l’utilisation des technologies nucléaires dans des domaines aussi variés que la santé, l’agriculture, la sécurité alimentaire et l’énergie. Dans le secteur sanitaire, les applications nucléaires peuvent notamment contribuer au diagnostic et au traitement de certaines maladies. Dans l’agriculture, elles peuvent être mobilisées pour améliorer les rendements, lutter contre certains ravageurs et renforcer la conservation des productions. Le nucléaire apparaît donc, dans la stratégie togolaise, comme un outil transversal de développement, et non comme une simple question de production énergétique.
Un choix stratégique pour l’avenir
La présence de Faure Essozimna Gnassingbé à Londres prend dès lors une dimension particulière. Elle traduit la volonté de Lomé de se positionner dès maintenant sur des secteurs technologiques appelés à jouer un rôle croissant dans les économies africaines. Le choix du nucléaire civil s’inscrit dans une logique de long terme : développer des compétences nationales, construire un cadre réglementaire adapté et nouer des partenariats internationaux avant d’envisager d’éventuels projets d’envergure. Pour le Togo, il s’agit aussi de ne pas rester à l’écart des transformations technologiques qui pourraient redessiner les secteurs de l’énergie, de la santé et de l’agriculture dans les prochaines décennies.
De « Correct the Map » au nucléaire : Lomé multiplie les offensives
Ce déplacement intervient par ailleurs quelques jours seulement après le rôle joué par le Togo dans l’adoption à l’ONU de la résolution « Correct the Map. », portée par Lomé au nom du Groupe africain. Deux dossiers très différents, mais qui traduisent une même ambition : faire du Togo un pays davantage présent dans les grands débats internationaux. Après avoir porté devant les Nations Unies la question de la représentation cartographique de l’Afrique, Lomé investit ainsi un autre espace stratégique : celui des technologies nucléaires et de leurs applications civiles.
Londres, une nouvelle vitrine pour les ambitions togolaises
À travers la participation de Faure Essozimna Gnassingbé au World Nuclear Symposium, le Togo cherche donc à donner de la visibilité à une politique encore en construction. Le véritable enjeu sera désormais de transformer cette présence internationale en partenariats, en transfert de compétences et en projets concrets, tout en garantissant les exigences de sûreté et de sécurité propres au secteur nucléaire. À Londres, Faure Gnassingbé ne vient donc pas seulement assister à un grand rendez-vous de l’industrie nucléaire. Le Togo veut faire savoir qu’il entend prendre place, dès aujourd’hui, dans les secteurs technologiques qui pourraient compter pour son avenir.


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