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Diplomatie climatique : Abidjan prépare les négociateurs francophones au bras de fer de la COP31

Photo : Les négociateurs francophone, à Abidjan, ce mardi 9 septembre


À l’approche de la COP31, prévue du 9 au 20 novembre prochain, à Antalya, en Turquie, la Côte d’Ivoire veut contribuer à mieux armer les négociatrices et négociateurs francophones face aux enjeux de la diplomatie climatique. Le ministre de l’Environnement et de la Transition écologique, Abou Bamba, a officiellement ouvert, mardi 8 septembre à Abidjan, un atelier international consacré au renforcement de leurs capacités.

Quatre jours pour mieux préparer les délégations francophones

La rencontre se tient du 8 au 11 septembre à l’Auditorium de la Primature, à Abidjan. Organisé en partenariat avec l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF), à travers l’Institut de la Francophonie pour le Développement Durable (IFDD), l’atelier vise à renforcer la préparation des délégations francophones aux prochaines échéances de la diplomatie climatique, avec en ligne de mire la COP31. Durant quatre jours, les participants sont appelés à approfondir leurs connaissances et leurs stratégies de négociation sur plusieurs dossiers majeurs qui seront au cœur des discussions internationales sur le climat. Adaptation, atténuation, finance climatique, pertes et préjudices, transparence, technologies, transition juste, agriculture, marchés carbone ou encore suivi du premier Bilan mondial figurent notamment au programme des travaux.

Le climat se réchauffe, les vulnérabilités s’accentuent

Cette initiative intervient alors que les conséquences du changement climatique se font de plus en plus ressentir à travers le monde. Les données internationales présentées lors de l’atelier indiquent que 2025 s’est classée au troisième rang des années les plus chaudes jamais enregistrées, avec une température moyenne mondiale supérieure d’environ 1,43 °C à celle de l’ère préindustrielle. Vagues de chaleur, pluies extrêmes, inondations, sécheresses et cyclones touchent désormais des millions de personnes et occasionnent d’importantes pertes économiques. Une situation qui met particulièrement en évidence les inégalités face au dérèglement climatique. Les pays ayant historiquement le moins contribué aux émissions mondiales sont souvent ceux qui subissent le plus durement les conséquences du changement climatique. Une réalité qui place la question de la justice climatique au centre des négociations internationales.

Le financement de l’adaptation, une urgence

L’un des principaux points de tension demeure le financement de l’adaptation. Les besoins des pays en développement progressent beaucoup plus rapidement que les ressources effectivement mobilisées. Selon les données du Programme des Nations Unies pour l’Environnement (PNUE) présentées à l’occasion de la rencontre, les besoins annuels d’adaptation des pays en développement pourraient atteindre entre 310 et 365 milliards de dollars à l’horizon 2035. En 2023, les financements publics internationaux consacrés à l’adaptation ne s’élevaient pourtant qu’à environ 26 milliards de dollars. L’écart est considérable : les besoins pourraient ainsi être 12 à 14 fois supérieurs aux financements actuellement disponibles. Dans ce contexte, la capacité des pays vulnérables à défendre leurs intérêts autour de la table des négociations apparaît déterminante.

« Accroître l’influence » des négociateurs francophones

Pour Abou Bamba, l’action climatique internationale ne dépend pas uniquement des engagements annoncés par les États. Elle se joue également dans la capacité de leurs représentants à maîtriser les dossiers, à défendre leurs priorités, à construire des alliances et à participer à la recherche de compromis. Or, les délégations francophones font face à plusieurs obstacles : barrière linguistique, complexité technique croissante des négociations, évolution rapide des textes, renouvellement fréquent des équipes et accès parfois limité à une expertise spécialisée en français. C’est précisément à ces défis que l’atelier entend répondre. « L’ambition de cet atelier est donc de renforcer vos capacités techniques, stratégiques et opérationnelles, afin d’accroître l’influence des négociatrices et négociateurs francophones dans le processus multilatéral sur le climat. », a déclaré le ministre ivoirien.

En ordre de bataille pour Antalya

Au-delà du renforcement des connaissances techniques, l’enjeu est donc stratégique. Pour les pays francophones, il s’agit de disposer de délégations suffisamment préparées pour peser sur les discussions, défendre les intérêts des pays vulnérables et contribuer à l’émergence de décisions à la fois ambitieuses, équitables et applicables. À quelques semaines de la COP31, Abidjan entend ainsi participer à la consolidation d’une expertise francophone capable de mieux répondre aux exigences toujours plus complexes des négociations climatiques internationales. De l’adaptation à la finance climatique, en passant par les pertes et préjudices ou les marchés carbone, les quatre jours de formation doivent permettre aux participants de mieux maîtriser les principaux dossiers qui façonneront les prochaines étapes de l’action climatique mondiale. À Antalya, les négociateurs francophones devront désormais transformer ces acquis en capacité d’influence autour de la table des négociations.

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