Photo : La Directrice du BCEJ, Innocentia Apovo Monteiro
À l’occasion de la rentrée scolaire qui débute ce lundi 14 septembre au Bénin, la Directrice du Bureau de la Coopération et de l’Entraide Judiciaires (BCEJ), Innocentia Apovo Monteiro, lance un appel solennel aux parents séparés. Forte de son expérience professionnelle à l’ancienne Brigade des mineurs, devenue Office Central de Protection des Mineurs (OCPM), elle les exhorte à ne pas utiliser leurs enfants comme instruments de vengeance ou de pression dans les conflits conjugaux.
La rentrée scolaire ne doit pas devenir le prolongement des conflits entre parents séparés. C’est le message fort porté par Innocentia Apovo Monteiro, qui interpelle, en ce début d’année scolaire, les parents qui seraient tentés de retenir leurs enfants au terme des vacances. Sous le titre évocateur « Ne retenez pas les enfants dans vos conflits d’adultes svp ! », la Directrice du BCEJ revient sur une situation à laquelle son expérience professionnelle l’a particulièrement sensibilisée.
Une situation qui resurgit à chaque rentrée
Innocentia Apovo Monteiro confie que chaque rentrée scolaire fait ressurgir en elle une réalité douloureuse : celle d’enfants retenus par un parent séparé qui, après les avoir accueillis durant les vacances, refuse de les remettre au parent qui en assure la garde. Son expérience à l’ancienne Brigade des mineurs, aujourd’hui Office Central de Protection des Mineurs (OCPM), lui a permis d’être confrontée à de nombreuses situations de ce type. Elle décrit un scénario lourd de conséquences : des enfants retenus, des parents plongés dans l’angoisse et des procédures qui s’enlisent, avec, au milieu de ces tensions, des enfants qui deviennent les premières victimes de conflits qui ne les concernent pas.
« Rendez les enfants ! »
Face à cette situation, Innocentia Apovo Monteiro adresse un appel direct aux parents concernés.
« RENDEZ LES ENFANTS ! »
Elle leur demande de les rendre à leur cadre de vie, à leur école, à leurs habitudes, mais aussi à leur stabilité et à leur tranquillité. Pour la responsable du BCEJ, un enfant ne peut être considéré comme un objet que l’on conserve pour faire souffrir l’autre parent. Il ne doit pas davantage devenir une arme de vengeance après une séparation ou un moyen de pression dans un conflit conjugal. L’enfant est avant tout une personne vulnérable, titulaire de droits, qui a besoin de sécurité, de repères et de stabilité.
Les conflits de garde doivent être réglés par les voies légales
Dans son message, Innocentia Apovo Monteiro rappelle également que les différends portant sur la garde, la résidence ou les modalités de visite doivent être soumis aux autorités compétentes. Elle met notamment en garde contre le détournement de la finalité du droit de visite ou d’hébergement. Lorsqu’une décision de justice fixe les modalités de garde, le refus de remettre l’enfant à la personne légalement habilitée à le réclamer peut, selon les circonstances et les dispositions applicables, entraîner des conséquences pénales. Pour elle, les désaccords entre adultes doivent donc être réglés par les voies de droit et non par la rétention de l’enfant.
« Vous déstabilisez votre propre enfant »
Innocentia Apovo Monteiro
L’un des passages les plus forts de son message s’adresse aux parents qui pourraient être tentés de retenir leur enfant afin de punir leur ancien conjoint. Innocentia Apovo Monteiro les invite à mesurer les conséquences d’un tel comportement : en voulant atteindre l’autre parent, c’est l’enfant lui-même qui risque d’être déstabilisé. Elle exhorte ainsi les parents à ne pas placer l’enfant au cœur de leur conflit, à ne pas le maintenir dans l’incertitude et surtout à ne pas lui faire porter le poids de leur séparation. L’enfant ne doit pas devenir l’otage des désaccords entre adultes.
L’intérêt supérieur de l’enfant au-dessus des querelles
À travers cet appel, la Directrice du BCEJ invite chaque parent concerné à faire, en cette période de rentrée scolaire, le choix de l’apaisement, du respect de la loi et de l’intérêt supérieur de l’enfant. L’enjeu est de permettre aux enfants de retrouver leur école, leurs habitudes et leurs repères dans les meilleures conditions possibles, sans être exposés aux tensions liées à la séparation de leurs parents. Le message d’Innocentia Apovo Monteiro se veut ainsi à la fois une mise en garde et un appel à la responsabilité parentale.
« Restituer un enfant à son cadre de vie, c’est le protéger. »
Une formule qui résume l’essentiel de son message en cette rentrée scolaire : les conflits d’adultes doivent rester entre adultes. L’enfant, lui, doit pouvoir retourner à l’école, retrouver ses repères et poursuivre sereinement son parcours.


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