Photo : Le président de la BOAD, Serge Ekué, à Lomé, jeudi 24 septembre
Sécheresses, inondations, variabilité des rendements agricoles… Les effets du changement climatique ne relèvent plus d’un risque lointain pour les pays de l’Union Économique et Monétaire Ouest-Africaine (UEMOA). Ils affectent déjà les territoires, fragilisent les activités économiques et menacent plusieurs secteurs essentiels au développement régional. Face à cette réalité, la Banque Ouest-Africaine de Développement (BOAD), présidée par le béninois Serge Ekué, entend renforcer son action en faveur d’un modèle de développement plus résilient, bas carbone et durable.
Le climat au cœur du Plan Djoliba
Cette ambition constitue l’un des axes du Plan stratégique Djoliba… La Suite (2026-2030), feuille de route de la Banque pour les prochaines années. Pour l’institution basée sur le boulevard du 13-Janvier à Lomé, au Togo, l’enjeu consiste à accompagner les États membres dans leur adaptation aux effets du changement climatique tout en favorisant la réduction des émissions et la transformation durable des économies. L’approche de la BOAD repose ainsi sur trois enjeux majeurs :
- adapter et atténuer les effets du changement climatique,
- soutenir un développement durable et
- renforcer la gouvernance climatique.
Des financements davantage orientés vers les objectifs climatiques
La Banque entend notamment promouvoir des financements à conditions privilégiées, associés à des objectifs climatiques et environnementaux. L’objectif est d’encourager des investissements capables de répondre simultanément aux impératifs de développement économique et aux exigences de transition écologique. Cette orientation doit également permettre d’intégrer progressivement les considérations environnementales dans les politiques, programmes et projets portés ou financés par la BOAD.
Deux priorités pour passer à l’action
Pour concrétiser ces orientations, deux priorités ont été retenues : accélérer le financement des projets climat et renforcer progressivement la gouvernance climatique. Les financements dédiés au climat seront déployés dans les secteurs prioritaires de la Banque, avec une attention particulière portée à l’agriculture, l’eau et l’énergie. Des secteurs particulièrement exposés aux conséquences du dérèglement climatique, mais également essentiels à la sécurité alimentaire, à l’accès aux ressources et à la transformation économique des États de l’UEMOA.
Le FEC pour faire émerger des projets bancables
La BOAD entend également agir en amont des investissements à travers le Fonds d’Étude Climat (FEC). Cet instrument doit contribuer à accompagner les États membres dans la préparation de projets bancables, alignés sur les priorités climatiques régionales. L’enjeu est déterminant : au-delà de la mobilisation des financements, il faut disposer de projets suffisamment préparés et structurés pour attirer les ressources nécessaires à leur réalisation.
Vers une finance au service de la résilience
À travers le Plan Djoliba… La Suite, Serge Ekué et la BOAD inscrivent donc la question climatique dans une approche plus large de transformation des économies de l’UEMOA. Adaptation, atténuation, financement durable, gouvernance climatique et préparation de projets constituent désormais les différents leviers d’une même ambition : faire du financement du développement un outil de renforcement de la résilience des économies ouest-africaines face au changement climatique.


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