Photo : La Directrice du BCEJ, Innocentia Apovo Monteiro (2e position de la G), à Accra
La sécurité maritime passe aussi par une participation accrue des femmes dans les chaînes de sécurité et de justice. C’est l’un des messages forts portés par la Directrice du Bureau de Coopération et d’Entraide Judiciaires (BCEJ), Innocentia Apovo Monteiro, à l’issue d’un atelier régional tenu à Accra, au Ghana, autour de la sécurité maritime et de la place des femmes dans sa consolidation.
La coopération au cœur de la lutte contre la criminalité maritime
Réunissant des acteurs de plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest et d’Afrique Centrale, notamment issus de la police, de la gendarmerie, des forces armées, des administrations maritimes, des plateformes portuaires et de la société civile, cette rencontre a permis d’échanger sur les enjeux liés à la sécurité maritime à la lumière de l’Agenda Femmes, Paix et Sécurité, consacré par la Résolution 1325 du Conseil de sécurité des Nations Unies. Dans sa déclaration, Innocentia Apovo Monteiro a insisté sur un principe qu’elle juge essentiel : aucune réponse durable à la criminalité maritime ne peut être efficace sans coopération. « Qu’il s’agisse de prévenir, détecter, enquêter, poursuivre ou réprimer, la coopération policière et judiciaire doit être au cœur de la réponse. », souligne-t-elle, en appelant à renforcer cette coopération aux niveaux national, régional et international.
Les femmes appelées à jouer un rôle stratégique
Pour la Directrice du BCEJ, la question de la participation des femmes ne doit pas être traitée comme un simple enjeu de représentation. Elle constitue, selon elle, un facteur important d’efficacité dans la prévention et la réponse aux différentes formes de criminalité maritime. Elle indique avoir partagé, lors de l’atelier, des expériences illustrant « la contribution déterminante » que les femmes peuvent apporter dans les mécanismes de prévention, de détection, d’enquête et de réponse face à la criminalité. « Lorsque les femmes sont bien positionnées dans les chaînes de sécurité et de justice, elles contribuent à une réponse plus efficace et plus durable. », affirme-t-elle.
Une présence féminine à renforcer dans les responsabilités
Innocentia Apovo Monteiro estime ainsi que les femmes doivent être davantage présentes au cœur de l’action, aussi bien sur les plans stratégique qu’opérationnel. Cette nécessité est d’autant plus importante, souligne-t-elle, que les différentes formes de criminalité maritime affectent particulièrement les femmes et les filles. Dès lors, leur participation doit s’étendre à l’ensemble du processus : détection, prévention, alerte, réponse judiciaire et gouvernance. Elle appelle notamment à faire de la mise en œuvre de l’Agenda Femmes, Paix et Sécurité dans le domaine maritime un levier de renforcement des capacités des femmes et de leur promotion à des responsabilités stratégiques.
Pour des espaces maritimes plus sûrs
Au-delà de la seule participation féminine, la Directrice du BCEJ inscrit son plaidoyer dans une vision plus large de la sécurité maritime. « Il est de notre responsabilité collective de rendre les espaces maritimes plus sûrs. », rappelle-t-elle. La diversité des participants à l’atelier, issus de différents secteurs et de plusieurs pays, a permis, selon elle, des échanges riches en enseignements et en perspectives opérationnelles. Une dynamique qui doit contribuer à renforcer la coopération entre les acteurs chargés de prévenir et de combattre les menaces qui pèsent sur les espaces maritimes.
Hommage aux organisateurs
Dans son message, Innocentia Apovo Monteiro a également exprimé sa profonde gratitude aux autorités ghanéennes, à l’Ambassade du Danemark au Ghana et à l’Office des Nations unies contre la Drogue et le Crime (ONUDC) pour l’organisation de cette rencontre. Elle a également salué le travail de WIMoWCA-Regional (Women in Maritime of West and Central Africa), qui œuvre à promouvoir la participation et l’avancement des femmes dans le secteur maritime en Afrique de l’Ouest et du Centre. Un hommage particulier a enfin été adressé à la présidente de WIMoWCA Bénin pour son leadership. À travers cette participation à l’atelier régional d’Accra, Innocentia Apovo Monteiro met ainsi en avant une double exigence : renforcer la coopération policière et judiciaire face à la criminalité maritime et donner aux femmes une place pleine et entière dans les mécanismes de sécurité, de justice et de gouvernance maritime.







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