Photo : Le Vice-Premier ministre, ministre de la Défense, Téné Birahima Ouattara, procédant à la remise officielle, à Agban, mercredi 30 octobre
La Côte d’Ivoire renforce son dispositif contre l’orpaillage illégal. À l’initiative du Conseil National de Sécurité (CNS), un important lot de moyens roulants, de navigation et de renseignement a été remis, mercredi 30 septembre dernier, aux forces engagées dans la lutte contre ce phénomène. L’objectif affiché par les autorités est clair : éradiquer l’orpaillage illégal dans un délai de six mois. La cérémonie de remise des équipements s’est tenue à la caserne de gendarmerie d’Agban, sous la présidence du Vice-Premier ministre, ministre de la Défense, Téné Birahima Ouattara.
Des moyens pour passer à l’offensive
Le premier lot comprend notamment 30 véhicules pick-ups, 35 véhicules de transport de troupes, 300 motos, 12 zodiacs et plusieurs drones. Ces équipements sont destinés au Groupement Spécial de Lutte contre l’Orpaillage Illégal (GSLOI), à la Brigade Spéciale de Surveillance et d’Intervention, ainsi qu’aux forces locales, notamment la gendarmerie et les agents des Eaux et Forêts. Ils seront déployés dans 11 régions considérées comme prioritaires : la Bagoué, le Bounkani, le Cavally, le Gbêkê, le Hambol, l’Iffou, l’Indénié-Djuablin, le Moronou, la Nawa, le Sud-Comoé et le Worodougou. Cette dotation doit permettre aux unités engagées sur le terrain d’améliorer leur mobilité, leur capacité d’intervention, leur surveillance et leur renseignement.
« Une posture de fermeté » de l’État
Présidant la cérémonie, Téné Birahima Ouattara a réaffirmé la détermination des autorités ivoiriennes à mettre fin à l’exploitation aurifère clandestine sur l’ensemble du territoire. « L’État de Côte d’Ivoire est déterminé à éradiquer l’orpaillage illégal sur toute l’étendue du territoire national. Cette détermination ne faiblit pas. », a-t-il déclaré. Le ministre de la Défense a toutefois insisté sur la nécessité d’inscrire cette action dans le respect du cadre légal et des droits des populations. « Face à l’ampleur de ce phénomène, l’État ivoirien adopte la posture de la fermeté. Cela doit se faire dans le strict respect de la loi et des droits des populations. », a-t-il précisé.
Les préfets placés au cœur du dispositif
La stratégie gouvernementale repose également sur une meilleure coordination des différents acteurs. Téné Birahima Ouattara a rappelé aux responsables des unités bénéficiaires que les équipements remis constituent avant tout des outils au service d’une mission prioritaire. Il a appelé à faire de la lutte contre l’orpaillage illégal une responsabilité collective, fondée sur le partage de l’information et la coordination des interventions. Les préfets des régions concernées ont ainsi été invités à mobiliser davantage les comités départementaux de sécurité ainsi que les cellules civiles et militaires afin de renforcer l’efficacité du dispositif sur le terrain.
Une dotation appelée à s’élargir
Selon Fidèle Sarassoro, ministre, Directeur de Cabinet du Président de la République et Secrétaire exécutif du CNS, le matériel remis mercredi constitue seulement un premier lot. Le CNS a, au total, commandé 48 véhicules pick-ups, 40 véhicules de transport de troupes, 360 motos, 84 zodiacs, une trentaine de drones et 10 GPS. Une nouvelle dotation est donc attendue prochainement pour compléter les moyens déjà mis à la disposition des forces. La cérémonie s’est déroulée en présence de plusieurs membres du gouvernement concernés par la lutte contre l’orpaillage, notamment Mamadou Sangafowa-Coulibaly, ministre des Mines, du Pétrole et de l’Énergie, Vagondo Diomandé, ministre de l’Intérieur et de la Sécurité, Jacques Konan Assahoré, ministre des Eaux et Forêts, et Abou Bamba, ministre de l’Environnement et de la Transition écologique.
Six mois pour obtenir des résultats
Au nom des régions bénéficiaires, le préfet de l’Indénié-Djuablin, *Arsène Kouassi Kouadio*, a salué l’importance de la dotation et réaffirmé l’engagement des autorités préfectorales. Selon lui, au regard de cette « impressionnante dotation faite par le Président de la République », les préfets concernés sont déterminés à atteindre l’objectif fixé. Le délai de six mois court à compter du mercredi 30 septembre 2026. Les autorités disposent donc désormais d’un calendrier précis pour traduire les moyens mobilisés en résultats concrets sur le terrain. À travers ce renforcement des capacités opérationnelles, le gouvernement ivoirien entend ainsi intensifier la lutte contre l’orpaillage illégal, tout en misant sur la coordination entre forces de sécurité, administrations civiles et autorités territoriales pour atteindre l’objectif d’éradication fixé.









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