Photo : Le DG FNEC, Dr Apollinaire Gnanhoui, à Cotonou, ce vendredi 9 octobre
Au Forum International du Cadre de Vie (FIC) 2026, le Directeur général du Fonds National pour l’Environnement et le Climat (FNEC), Dr Apollinaire Gnanvi, a appelé à anticiper les risques climatiques plutôt qu’à attendre les catastrophes pour rechercher des financements. Ce vendredi 9 octobre, lors du panel « Assurer le risque climatique : À quel prix, et pour qui ? », il a défendu une approche combinant responsabilité de l’État, cartographie territoriale des risques et mobilisation des financements climatiques internationaux.
Ne plus attendre les catastrophes pour agir
Face aux effets grandissants des changements climatiques, l’anticipation devient une nécessité. C’est l’un des messages forts délivrés par le Directeur général du Fonds National pour l’Environnement et le Climat (FNEC), Dr Apollinaire Gnanvi, à l’occasion du Forum International du Cadre de Vie (FIC) 2026, qui se tient au Sofitel Hôtel de Cotonou. Intervenant ce vendredi 9 octobre dans le panel consacré à la problématique « Assurer le risque climatique : À quel prix, et pour qui ? », le responsable a souligné les limites d’une approche qui consiste à rechercher des ressources financières seulement après la survenue des catastrophes. Pour lui, les risques climatiques doivent être anticipés afin de permettre aux États, aux assureurs et aux communautés de mieux préparer leurs réponses. Inondations, phénomènes météorologiques extrêmes et autres manifestations des changements climatiques fragilisent les populations, particulièrement celles dont les activités dépendent directement des conditions naturelles. L’enjeu est donc de mettre en place des mécanismes de prévention et de financement capables de protéger les moyens de subsistance avant que les dommages ne deviennent irréversibles.
Les communautés vulnérables face aux limites de l’assurance
Au cœur de l’intervention du Directeur général du FNEC figure la difficulté, pour les communautés les plus exposées, d’accéder aux produits d’assurance climatique. Faute d’une organisation institutionnelle suffisante, ces populations doivent souvent passer par des Petites et Moyennes Entreprises (PME) ou des institutions de microfinance implantées dans les collectivités locales pour accéder aux dispositifs d’assurance. Cette situation soulève une difficulté supplémentaire pour les producteurs agricoles, notamment lorsque leurs activités sont financées par des prêts. Lorsqu’un événement climatique compromet leurs récoltes et leurs revenus, ils peuvent se retrouver dans l’incapacité de rembourser leurs emprunts et de poursuivre leurs activités. Les conséquences peuvent alors dépasser les seules pertes économiques : certaines familles sont contraintes d’abandonner leurs terres et de chercher refuge ailleurs. Pour Dr Apollinaire Gnanvi, la question de l’assurance climatique ne peut donc être dissociée de celle de la sécurité alimentaire, de la stabilité économique des territoires et de la protection des populations.
L’État appelé à soutenir l’assurance climatique
Pour répondre à ces difficultés, le patron du FNEC a mis en avant la responsabilité des pouvoirs publics. Selon lui, l’État doit prendre toute sa part dans le financement de la protection des communautés exposées aux risques climatiques. Il plaide notamment pour des mécanismes de subvention permettant de rendre l’assurance plus accessible aux collectivités locales et aux producteurs agricoles. Cette intervention publique apparaît d’autant plus importante que les activités agricoles contribuent à la production de richesses et à l’approvisionnement des populations. Lorsque les aléas climatiques compromettent la production, les répercussions peuvent s’étendre à l’ensemble de l’économie et accentuer les risques d’insécurité alimentaire. L’objectif est ainsi de réduire le poids financier supporté par les communautés vulnérables et de leur permettre de mieux faire face aux conséquences des événements climatiques.
Cartographier les risques pour mieux protéger les territoires
Au-delà du soutien financier de l’État, Dr Apollinaire Gnanvi a insisté sur la nécessité de mieux connaître les risques à l’échelle des territoires. Le Bénin dispose déjà de documents de référence, notamment sa contribution déterminée au niveau national et son Plan national d’adaptation aux changements climatiques. Ces instruments définissent les orientations et les ambitions du pays en matière de lutte contre les effets néfastes du dérèglement climatique. Cependant, le Directeur général du FNEC estime qu’il faut désormais approfondir les analyses à l’échelle territoriale, en tenant compte des spécificités de chaque zone. L’ambition est de disposer d’une plateforme de données permettant de caractériser les risques et les niveaux de vulnérabilité région par région. Une telle cartographie aiderait les compagnies d’assurance à mieux évaluer les risques, à adapter leurs offres et à identifier les besoins réels des populations. Dans cette perspective, les pôles de développement territorial peuvent constituer un cadre pour mener des études complémentaires et préciser les mesures de protection nécessaires dans chaque territoire. Pour le responsable du FNEC, une meilleure connaissance des risques représente ainsi une condition essentielle à la construction de mécanismes d’assurance plus adaptés et plus efficaces.
La justice climatique comme levier de financement
Le troisième axe défendu par Dr Apollinaire Gnanvi concerne la mobilisation des ressources financières internationales destinées à la lutte contre les changements climatiques. Selon lui, les ressources publiques nationales ne sauraient, à elles seules, couvrir l’ensemble des besoins liés à l’adaptation et à la protection des communautés vulnérables. Le Bénin peut également rechercher des financements auprès des mécanismes internationaux dédiés au climat, dans le cadre des instruments et dispositifs auxquels il est éligible. Le responsable du FNEC a notamment invoqué les principes de solidarité et de justice climatiques pour souligner la nécessité d’un soutien financier aux pays africains, dont les populations subissent fortement les conséquences des dérèglements climatiques malgré leur contribution relativement faible aux émissions mondiales. Ces ressources doivent, selon son approche, permettre aux communautés concernées de participer à l’identification de leurs besoins, à la définition de leurs options d’adaptation et à la mise en œuvre de mesures concrètes. Il s’agit donc de construire les réponses avec les populations bénéficiaires, plutôt que de leur imposer des solutions conçues sans tenir suffisamment compte de leurs réalités.
Une approche complémentaire entre financements publics et assurances
Dans le schéma défendu par le Directeur général du FNEC, les financements climatiques internationaux et les subventions publiques doivent contribuer à couvrir une partie des besoins de prévention et d’adaptation. Les compagnies d’assurance pourraient ensuite intervenir sur les risques résiduels, selon des critères adaptés et dans le respect des exigences propres à leurs produits. Cette démarche suppose également un accompagnement des communautés pour leur permettre de mieux s’organiser et d’accéder effectivement aux dispositifs proposés. L’objectif est de dépasser une logique dans laquelle l’assurance reste difficilement accessible aux populations les plus fragiles, alors même que celles-ci sont particulièrement exposées aux conséquences du changement climatique. À travers cette intervention au FIC 2026, Dr Apollinaire Gnanvi remet ainsi au centre du débat une question déterminante : celle de la capacité des mécanismes financiers à protéger effectivement les populations qui en ont le plus besoin. Anticiper les risques, financer l’adaptation et rendre l’assurance accessible aux communautés vulnérables : telle est, en substance, l’approche défendue par le Directeur général du FNEC pour renforcer la résilience climatique des territoires béninois.


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