Photo : Le président Romuald Wadagni, à Paris, lundi 5 octobre
Le Gouvernement béninois a franchi une nouvelle étape dans la préparation de l’exercice budgétaire 2027. Réuni en Conseil des ministres ce mercredi 7 octobre, sous la présidence du chef de l’État, Romuald Wadagni, l’exécutif a adopté le projet de loi de finances pour la gestion 2027 et décidé de sa transmission à l’Assemblée nationale pour examen et vote. À la clé, une enveloppe de 4 757,029 milliards de FCFA, en hausse de 14,7 % par rapport à la loi de finances rectificative 2026.
Une enveloppe en forte progression
Le projet de budget 2027 s’équilibre en ressources et en charges à 4 757,029 milliards de FCFA, contre 4 148,357 milliards de FCFA pour le budget rectificatif de 2026. Cette progression représente 609 milliards de FCFA supplémentaires. À travers cette programmation, le Gouvernement entend consolider une croissance soutenue, inclusive et durable, tout en poursuivant son objectif d’éradication de l’extrême pauvreté. Le cadrage macroéconomique table notamment sur une croissance économique de 7,5 %, un déficit budgétaire global de 2,8 % du PIB, conforme au critère de convergence de l’UEMOA, et une inflation projetée à 2 %, sous le seuil communautaire de 3 %.
Près de 1 600 milliards FCFA pour le social
L’une des principales caractéristiques du projet de budget 2027 réside dans la place accordée aux dépenses à sensibilité sociale. Celles-ci atteindront 1 597,533 milliards de FCFA, contre 1 285,37 milliards de FCFA prévus en 2026. Cette hausse doit notamment permettre de renforcer les dispositifs destinés aux populations vulnérables et d’améliorer l’accès aux services sociaux essentiels. Le programme Assurance pour le Renforcement du Capital Humain (ARCH) sera ainsi poursuivi et étendu. Le Gouvernement prévoit également la consolidation et la mise à l’échelle du programme GBESSOKÉ, fondé sur des transferts monétaires au profit des ménages en situation d’extrême pauvreté afin de soutenir leurs activités génératrices de revenus. Une plateforme nationale des prestations sociales ainsi qu’un dispositif intégré d’aide sociale d’urgence sont également annoncés.
Éducation : cap sur les infrastructures et l’inclusion
Dans le secteur éducatif, plusieurs mesures sont inscrites au cœur des priorités. Il est notamment prévu de poursuivre la gratuité des frais de scolarité pour les filles dans l’enseignement secondaire général et technique, ainsi que les autres mesures de gratuité. Le programme des cantines scolaires doit poursuivre sa marche vers l’universalisation. Le projet de budget prévoit aussi la construction et la réhabilitation de lycées, la réhabilitation des infrastructures académiques et sociales des universités nationales et la poursuite du déploiement du télé-enseignement. L’équipement des établissements scolaires en tables-bancs et autres mobiliers essentiels figure également parmi les actions retenues. Sur le front de l’insertion professionnelle, le Gouvernement prévoit le recrutement progressif sur titre des aspirants au métier d’enseignant, tandis qu’une réforme relative à l’avancement automatique de la carrière des agents de l’État doit entrer en application.
Santé : cinq nouveaux hôpitaux de zone annoncés
Le secteur sanitaire bénéficiera lui aussi d’un effort important. Le projet de loi de finances prévoit la construction de cinq nouveaux hôpitaux de zone, ainsi que la réhabilitation et l’équipement des hôpitaux départementaux et des centres hospitalo-universitaires. La prise en charge systématique des urgences vitales figure également parmi les priorités. Le Gouvernement entend par ailleurs renforcer les programmes de vaccination des enfants, de lutte contre le paludisme, de santé maternelle et de nutrition. L’objectif affiché est de poursuivre l’amélioration de l’accès des populations aux soins et aux services sanitaires essentiels.
Cinq leviers pour transformer l’économie
Au-delà des dépenses sociales, le budget 2027 entend soutenir la transformation structurelle de l’économie béninoise autour de cinq leviers prioritaires. Il s’agit de la modernisation de l’agriculture, du renforcement de la promotion industrielle, de la valorisation du potentiel touristique et culturel, de la promotion de l’innovation technologique et du renforcement du capital humain. Ces orientations doivent s’accompagner d’investissements soutenus dans plusieurs secteurs stratégiques, notamment l’eau, l’énergie, le numérique, l’agriculture, l’industrie et le tourisme.
Agriculture, industrie et innovation au cœur de la création de richesse
Le choix de ces cinq leviers traduit la volonté affichée par l’exécutif de renforcer les secteurs susceptibles de contribuer à la création de valeur et d’emplois. L’agriculture doit ainsi poursuivre sa modernisation, tandis que l’industrie locale doit bénéficier d’un nouvel élan. Le tourisme et la culture sont également appelés à mieux valoriser le potentiel du pays. L’innovation et la transformation technologique constituent, elles aussi, un axe majeur de cette programmation, avec en toile de fond la nécessité de disposer d’un capital humain mieux adapté aux besoins de l’économie. Dans cette logique, le dispositif des bourses d’études doit être requalifié en tenant compte des filières prioritaires et des besoins du marché de l’emploi.
Les communes appelées à prendre davantage de poids
Le projet de budget 2027 accorde également une attention particulière au financement des collectivités territoriales. L’opérationnalisation du Fonds d’Investissement Communal (FIC) doit permettre de renforcer les capacités financières des communes et de leur donner davantage de possibilités pour réaliser des projets structurants au plus près des populations. Le Gouvernement Wadagni I prévoit parallèlement un mécanisme de découpage économique du territoire devant permettre aux communes de mobiliser davantage de ressources, d’accéder à des financements diversifiés au-delà des seules dotations de l’État et de disposer de davantage de prévisibilité dans la mise en œuvre de leurs investissements.
2027, un budget entre croissance et impact social
Avec une enveloppe de 4 757,029 milliards de FCFA, le projet de loi de finances 2027 marque une progression significative des moyens budgétaires par rapport à 2026. Mais au-delà du volume financier, l’enjeu sera désormais celui de la traduction concrète de ces ressources dans la vie quotidienne des populations. Écoles et universités réhabilitées, nouveaux hôpitaux, couverture sociale renforcée, cantines scolaires, soutien aux ménages vulnérables, développement de l’agriculture et de l’industrie, innovation technologique et renforcement des capacités des communes : autant de chantiers inscrits dans cette nouvelle programmation budgétaire. Le projet de loi de finances est désormais attendu à l’Assemblée nationale, où il sera soumis à l’examen et au vote des députés.


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