Photo : Les responsables de la BOAD et des représentants d’organisations intervenant dans les domaines du financement, de la gestion des risques et de l’investissement immobilier, à la table ronde, à Luanda, les 3 et 4 novembre
Face à un déficit estimé à environ 3,5 millions de logements dans l’Union Économique et Monétaire Ouest-Africaine (UEMOA), la Banque Ouest-Africaine de Développement (BOAD) entend contribuer à l’émergence de solutions de financement adaptées aux besoins des populations. En marge du Sommet annuel de l’Africa Financial Industry Summit (AFIS) 2026, organisé les 3 et 4 novembre à Luanda, en Angola, l’institution présidée par le béninois Serge Ekué a réuni plusieurs acteurs du secteur autour d’une table ronde stratégique consacrée au financement d’un habitat durable, inclusif et sobre en énergie.
Un déficit de 3,5 millions de logements au cœur des préoccupations
« Bâtir l’avenir de l’UEMOA : financer un habitat durable, inclusif et moteur de souveraineté énergétique ». C’est autour de cette thématique que la BOAD a organisé cette rencontre de haut niveau, avec pour ambition d’identifier des réponses concrètes à l’un des défis majeurs du développement urbain et social dans l’espace communautaire. Alors que les besoins en logements continuent de croître dans les pays de l’Union, la question ne se limite plus à la construction de nouvelles habitations. Il s’agit également de garantir leur accessibilité financière, leur qualité, leur durabilité et leur adaptation aux enjeux énergétiques et climatiques. Les échanges ont ainsi porté sur les mécanismes susceptibles de faciliter le financement du logement abordable et durable, notamment à travers le renforcement des dispositifs de garantie et de partage des risques. Une attention particulière a été accordée aux ménages à revenus modestes ou irréguliers, souvent confrontés à des difficultés d’accès aux circuits classiques de financement immobilier.
La finance climat et les matériaux locaux comme leviers de transformation
Au-delà de la mobilisation des ressources financières, les participants ont examiné les perspectives offertes par la finance climat pour accompagner la construction d’habitations plus respectueuses de l’environnement. La construction bioclimatique et la valorisation des matériaux locaux ont notamment été identifiées comme des pistes à promouvoir pour réduire la consommation énergétique des bâtiments et maîtriser les coûts de construction comme d’occupation. Cette approche présente un double intérêt : rendre le logement plus accessible aux populations et réduire sa dépendance énergétique. Elle ouvre également des perspectives pour le développement de filières locales de matériaux et de savoir-faire, avec des retombées économiques potentielles pour les territoires de l’Union.
Des acteurs institutionnels et privés mobilisés autour de solutions concrètes
Modérée par Abdou Diop, Managing Partner de Forvis Mazars, la table ronde a réuni des responsables de la BOAD et des représentants d’organisations intervenant dans les domaines du financement, de la gestion des risques et de l’investissement immobilier. Ont notamment pris part aux discussions Moubarak Moukaila, Directeur du Financement du Développement Durable de la BOAD ; Emmanuel Cheick Oumar Barry, Directeur du Département Santé, Éducation et Immobilier de la Banque ; Zeynab Cissé, Head of Business Development de l’African Risk Capacity ; ainsi que Laureen Kouassi Olsson, Secrétaire générale Afrique du Groupe Duval. La diversité des profils représentés a permis de croiser les expériences et les approches, autour d’un enjeu commun : créer les conditions d’un financement plus efficace du logement, en associant les ressources de long terme, les mécanismes de réduction des risques et l’expertise du secteur privé.
Trois leviers pour accélérer l’accès à un habitat durable
Au terme des réflexions, trois axes majeurs se dégagent pour répondre au défi du logement dans l’UEMOA. Le premier concerne la mobilisation de ressources de long terme et le renforcement des mécanismes de partage des risques, indispensables pour soutenir des investissements immobiliers dont les retombées s’inscrivent dans la durée. Le deuxième porte sur l’amélioration de l’accès au logement, à travers une meilleure maîtrise des coûts de construction et des charges liées à l’occupation des habitations. L’objectif est de proposer des solutions réellement adaptées aux capacités financières des ménages, notamment les plus modestes. Le troisième axe vise à promouvoir un habitat sobre en énergie, en s’appuyant sur la construction bioclimatique, les matériaux locaux et l’élaboration d’un référentiel commun à l’échelle de l’UEMOA.
La BOAD au cœur des enjeux de développement urbain et énergétique
À travers cette initiative organisée en marge de l’AFIS 2026 à Luanda, la BOAD élargit la réflexion sur le financement du développement en plaçant l’habitat au croisement des enjeux sociaux, économiques, climatiques et énergétiques. Pour l’institution dirigée par Serge Ekué, le défi consiste désormais à favoriser la convergence des financements, des mécanismes de garantie et des innovations techniques afin de faire émerger un modèle d’habitat à la fois accessible, durable et adapté aux réalités des pays de l’Union. Dans une région confrontée à un déficit de plusieurs millions de logements, la construction d’un habitat inclusif et économe en énergie apparaît ainsi comme un enjeu majeur de cohésion sociale et de souveraineté énergétique.











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