Photo : L’ancien président de transition burkinabè, le lieutenant-colonel Paul-Henri Sandaogo Damiba
Après plusieurs jours de spéculations et au lendemain de la publication de l’article de la rédaction differenceinfobenin.com et celle du journal quotidien « Différence Info » du Groupe de presse « DIFFÉRENCE », ici à Porto-Novo, intitulé « Togo : Exil brisé, Paul-Henri Sandaogo Damiba arrêté puis escorté à l’aéroport, extradition et zones d’ombre », le gouvernement togolais a finalement apporté sa version officielle des faits. Dans un communiqué rendu public dans l’après-midi de ce mardi 20 janvier, les autorités de Lomé ont détaillé la procédure ayant conduit à l’extradition de l’ancien chef de l’État burkinabè vers son pays d’origine.
Poursuivi pour de lourdes charges
Selon le communiqué signé par le garde des Sceaux, ministre de la Justice et des Droits Humains, Me Pacôme Yawovi Adjourouvi, tout est parti d’une demande d’extradition judiciaire reçue le 12 janvier 2026 des autorités judiciaires du Burkina-Faso. Cette requête visait Paul-Henri Sandaogo Damiba, de nationalité burkinabè, poursuivi pour de lourdes charges, notamment détournement criminel de deniers publics, enrichissement illicite criminel, corruption, incitation à la commission de délits et crimes, recel aggravé et blanchiment de capitaux.
« Les suites de droit »
Après examen de la régularité de la demande, les autorités togolaises indiquent y avoir donné « les suites de droit ». Conformément à la procédure d’extradition en vigueur au Togo, l’ancien président de transition du Burkina-Faso a été interpellé le vendredi 16 janvier, en exécution d’un mandat d’arrêt joint à la demande d’extradition, puis placé sous écrou. Le dossier a ensuite été transmis à la chambre d’instruction de la Cour d’appel de Lomé, qui a tenu une audience publique le même jour.
Avis favorable à l’extradition
À l’issue de cette audience, la juridiction a émis un avis favorable à l’extradition, fondé notamment sur l’offre de réciprocité des autorités burkinabè, les instruments internationaux auxquels le Togo est partie, ainsi que les garanties fournies par Ouagadougou. Ces garanties portent, précise le communiqué dont une copie est parvenue à la rédaction differenceinfobenin.com et celle du journal quotidien « Différence Info » du Groupe de presse « DIFFÉRENCE », ici à Porto-Novo, sur le respect de l’intégrité physique et de la dignité de Paul-Henri Sandaogo Damiba, ses droits au cours de la procédure, notamment le droit à un procès équitable, ainsi que l’absence de la peine de mort.
Respect de l’État de droit
Sur la base de cet avis favorable, l’extradition a été exécutée dès le samedi 17 janvier, date à laquelle l’intéressé a été officiellement remis aux autorités du Burkina-Faso. Daté de Lomé, le 19 janvier 2026, le communiqué vise à dissiper les zones d’ombre entourant cette affaire hautement sensible, en réaffirmant l’attachement du Togo à la coopération judiciaire entre États et au respect de l’État de droit, dans un contexte régional marqué par de fortes tensions politiques et sécuritaires.



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