Photo : Le président sénégalais Bassirou Diomaye Diakhar Faye, et dans son dos l’ex-premier ministre Ousmane Sonko
La scène politique sénégalaise connaît un nouveau séisme. Dans la soirée du vendredi 22 mai, le Président de la République Bassirou Diomaye Diakhar Faye a signé un décret mettant fin aux fonctions du Premier ministre Ousmane Sonko et dissolvant l’ensemble du gouvernement. Une décision brutale qui officialise une rupture désormais ouverte entre les deux figures majeures du parti Pastef, arrivées ensemble au sommet de l’État après la présidentielle historique de 2024. L’annonce faite par la Présidence sénégalaise a immédiatement provoqué une onde de choc dans tout le pays. Quelques minutes seulement après son limogeage, Ousmane Sonko a réagi sur sa page Facebook avec une phrase lourde de sens :
« Alhamdoulilah ce soir je dormirai le cœur léger à la cité Keur Gorgui. »
Une déclaration sobre, mais perçue par de nombreux sénégalais comme un message politique puissant adressé à celui qu’il avait lui-même porté au pouvoir. Car pour une grande partie des militants du Pastef, Bassirou Diomaye Faye n’aurait jamais accédé à la magistrature suprême sans le choix stratégique de Sonko, alors empêché de se présenter à l’élection présidentielle de 2024.
Sonko limogé, ses partisans promettent la revanche
Très vite, les réseaux sociaux se sont embrasés. Les partisans de Sonko ont multiplié les messages de soutien, certains voyant déjà dans ce limogeage le début d’une nouvelle conquête politique en vue de la présidentielle de 2029. « S’il dormira ce soir au Palais c’est grâce à vous. 2029 inch’Allah. Merci Président Sonko pour tout », écrit un internaute.
Un autre ajoute :
« Monsieur le Président Ousmane Sonko, je ne dormirai pas le cœur tranquille tant que vous n’êtes pas élu Président de la République en 2029. Je reste et je demeure Pastefien jusqu’à l’extinction du soleil. »
Tandis qu’un troisième militant voit dans cette rupture une opportunité politique majeure :
« Il ne sait pas qu’il vient de t’offrir le plus beau des cadeaux. Ainsi commence une nouvelle ère révolutionnaire patriotique. »
Depuis plusieurs semaines déjà, les relations entre le chef de l’État et son Premier ministre semblaient se détériorer. Entre divergences stratégiques, luttes d’influence et ambitions politiques à peine voilées, le tandem qui incarnait l’espoir d’une rupture avec l’ancien système sénégalais apparaissait de plus en plus fragilisé.
Sonko toujours extrêmement populaire, pèse lourdement sur l’avenir politique
Ce divorce politique ouvre désormais une période d’incertitude au Sénégal. D’un côté, un président qui cherche à asseoir pleinement son autorité au sommet de l’État. De l’autre, un Ousmane Sonko toujours extrêmement populaire, capable de mobiliser des foules impressionnantes et de peser lourdement sur l’avenir politique du pays. Le 8 novembre dernier déjà, l’ancien Premier ministre avait démontré l’étendue de son influence populaire à travers une mobilisation massive de ses partisans. Un signal que beaucoup considèrent aujourd’hui comme le prélude à la fracture consommée entre les deux hommes. Avec ce limogeage spectaculaire, le Sénégal entre dans une nouvelle séquence politique aux contours encore imprévisibles. Entre recomposition du pouvoir, tensions internes au Pastef et possibles batailles pour 2029, les prochaines heures pourraient être décisives pour l’avenir du pays.


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