Photo : Les sénateurs Thomas Boni Yayi et Patrice Talon, à Porto-Novo, ce jeudi 6 août
L’élection du premier Bureau de l’histoire du Sénat béninois, ce jeudi 6 août, au Palais des Gouverneurs, à Porto-Novo, n’a pas été un long fleuve tranquille. Si l’élection de Patrice Talon à la présidence de la nouvelle Chambre semblait largement anticipée, les coulisses de la plénière ont révélé un exercice démocratique marqué par des candidatures multiples, des échanges nourris, une suspension de séance et une recherche de consensus avant le vote final. Une séquence qui témoigne de la volonté des sénateurs d’installer la nouvelle institution sur des bases consensuelles et républicaines.
Plusieurs candidatures avant le consensus
Contrairement à l’idée d’une élection jouée d’avance, les différents postes du Bureau du Sénat ont suscité plusieurs candidatures. Au fil des discussions, les sénateurs ont fait valoir leurs positions dans un climat empreint de sérénité. Face aux différentes ambitions exprimées, la présidence de séance, assurée par la Vice-doyenne d’âge Élisabeth Pognon, a suspendu les travaux afin de permettre des concertations entre les élus. Ces échanges, conduits loin des micros, ont finalement permis de dégager un consensus sur la composition du Bureau.
Le retrait de candidatures ouvre la voie au vote
À la reprise des travaux, plusieurs candidats ont choisi de retirer leur candidature dans un esprit d’apaisement et de responsabilité. Le scrutin s’est ensuite déroulé au bulletin secret, poste par poste, conformément aux exigences de transparence et de liberté de vote. Les résultats traduisent l’adhésion d’une très large majorité des sénateurs aux personnalités retenues. Patrice Talon a ainsi été élu président du Sénat avec 24 voix sur 25 votants, un seul bulletin blanc étant enregistré. Louis Gbèhounou Vlavonou a obtenu 22 voix, avec deux votes contre et un bulletin blanc pour le poste de Vice-président. Au poste de Rapporteur, Alassane Séïdou a recueilli 24 voix, contre un bulletin blanc. Enfin, Adidjatou Mathys a également été élue Rapporteure Suppléante avec une très large majorité.
Une démocratie parlementaire en action
Au-delà des résultats, cette première élection du Bureau du Sénat aura surtout illustré le fonctionnement d’une institution où le dialogue a précédé le vote. La suspension de séance, les consultations entre sénateurs, le retrait volontaire de certaines candidatures et le recours au scrutin secret démontrent que les choix n’ont pas été imposés, mais construits dans la recherche d’un équilibre entre les différentes sensibilités représentées au sein de la nouvelle Chambre. Cette démarche confère une légitimité particulière au premier Bureau du Sénat, appelé à poser les fondations de cette institution créée par la réforme constitutionnelle.
Le sourire de Boni Yayi et Patrice Talon, l’image forte de la journée
L’un des moments les plus remarqués de cette journée est intervenu à l’issue du scrutin. Les anciens présidents de la République,Thomas Boni Yayi (2006-2016) et Patrice Talon (2016-2026), se sont chaleureusement salués, échangeant poignées de main et sourires. Cette scène, immortalisée par les photographes, dépasse le simple geste de courtoisie. Elle symbolise la capacité des institutions béninoises à réunir d’anciens adversaires politiques autour d’une même mission républicaine. Quelques instants après avoir été porté à la tête du Sénat, Patrice Talon recevait ainsi les félicitations de son prédécesseur à la tête de l’État. Une image forte qui restera sans doute comme l’un des symboles marquants de cette journée historique, où le dialogue, le consensus et le respect des règles démocratiques ont accompagné les premiers pas de la deuxième Chambre du Parlement béninois.






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