Photo : La Directrice du BCEJ, Innocentia Apovo Monteiro, à Porto-Novo, vendredi 4 septembre
La Directrice du Bureau de la Coopération et de l’Entraide Judiciaires (BCEJ), Innocentia Apovo Monteiro, a appelé à une meilleure maîtrise des mécanismes de coopération judiciaire internationale, à l’ouverture d’un atelier multisectoriel de simulation. Pendant trois jours, magistrats, enquêteurs, avocats, huissiers, représentants diplomatiques et autres acteurs de la chaîne judiciaire sont appelés à confronter leurs pratiques aux réalités des dossiers transfrontaliers.
La coopération judiciaire internationale s’impose de plus en plus comme un levier essentiel de l’efficacité de la justice. C’est dans cette perspective que la Directrice du Bureau de la Coopération et de l’Entraide Judiciaires (BCEJ), Innocentia Apovo Monteiro, a souhaité la bienvenue aux participants à l’atelier multisectoriel de simulation consacré aux mécanismes de coopération et d’entraide judiciaires, tenu du mercredi 2 au vendredi 4 septembre, à Porto-Novo. À travers son intervention, la responsable du BCEJ a placé cette rencontre sous le signe du renforcement des capacités et de l’efficacité de l’action judiciaire. Elle a d’abord salué la participation des différents acteurs mobilisés autour de cette initiative et leur intérêt pour une problématique devenue incontournable.
Innocentia Apovo Monteiro mise sur la pratique
Pour la Directrice du BCEJ, l’atelier de la capitale béninoise ne doit pas être une simple rencontre théorique. Il s’agit avant tout d’un exercice pratique destiné à rapprocher les professionnels des réalités auxquelles ils sont confrontés dans le traitement des dossiers comportant une dimension internationale. Cette activité constitue la deuxième phase de l’exercice de simulation, après une première étape organisée à Parakou en juin 2026 et ayant réuni les acteurs judiciaires et opérationnels du Nord du pays. Durant trois jours, les participants ont ainsi examiner des cas pratiques complexes aussi bien en matière pénale que civile. L’objectif est de simuler les différentes étapes du traitement des demandes de coopération judiciaire, depuis leur formulation jusqu’à leur exécution, en passant par la transmission, la coordination institutionnelle et le suivi. Le BCEJ entend également s’appuyer sur son expérience du terrain. Des enseignements tirés de dossiers réels traités par le Bureau doivent être intégrés aux travaux afin de rapprocher les réflexions des réalités opérationnelles.
Face à une criminalité qui ignore les frontières
Dans son mot de bienvenue, Innocentia Apovo Monteiro a insisté sur les profondes mutations qui rendent désormais indispensable une coopération accrue entre les systèmes judiciaires. « Évolution des relations internationales, intensification des flux migratoires, transformation numérique et complexification de la criminalité transnationale organisée : autant de facteurs qui placent la coopération et l’entraide judiciaires au cœur des systèmes judiciaires modernes », à fait savoir Innocentia Apovo Monteiro. En matière pénale, la prévention, la détection et la répression des infractions nécessitent, selon elle, une véritable synergie entre les autorités judiciaires, les services d’enquête, les représentations diplomatiques et les autres acteurs concernés. La dimension civile n’est pas en reste. L’accroissement des échanges internationaux et des relations familiales transfrontalières entraîne de nouveaux contentieux, notamment en matière de signification internationale des actes judiciaires, d’exécution des décisions étrangères, de recouvrement international de créances, de successions et de droit de la famille.
Une culture commune de la coopération judiciaire
Au-delà des connaissances techniques, Innocentia Apovo Monteiro ambitionne de contribuer à l’émergence d’une véritable culture commune de la coopération et de l’entraide judiciaires. Elle nourrit ainsi la conviction que l’exercice permettra non seulement de renforcer les capacités individuelles des participants, mais également d’améliorer les pratiques collectives autour de principes essentiels : la célérité, l’efficacité et le respect des droits humains. Cette approche rejoint la vision défendue par le Ministère de la Justice et de la Législation (MJL), placé sous l’autorité de Me Yvon Détchénou. À l’ouverture officielle des travaux, le Directeur de Cabinet du ministre, Florentin Gbodou, a souligné que « la justice ne peut plus rester enfermée dans les frontières nationales alors que criminalité, capitaux, preuves, personnes et contentieux circulent d’un État à l’autre ».
Le Bénin veut consolider ses réseaux judiciaires internationaux
Pour Florentin Gbodou, l’efficacité de la justice dépend désormais de la capacité du système judiciaire à coopérer lorsqu’une personne recherchée se réfugie à l’étranger, lorsqu’une preuve se trouve hors du territoire national, lorsqu’un enfant est déplacé illicitement ou encore lorsqu’un patrimoine criminel est réparti entre plusieurs États. L’atelier doit précisément permettre aux professionnels de confronter leurs pratiques aux réalités opérationnelles, d’identifier leurs forces et leurs difficultés et de corriger, en amont des dossiers réels, les faiblesses susceptibles de ralentir l’exécution d’une demande d’entraide judiciaire. Le Directeur de Cabinet a par ailleurs rappelé l’importance accordée par le gouvernement Wadagni I au renforcement de l’ouverture internationale du Bénin et à la consolidation de ses relations judiciaires avec ses partenaires. Une ambition qui passe par une administration judiciaire plus proactive, réactive et connectée aux réseaux de coopération internationale.
Expertise France et le projet BEPI aux côtés du BCEJ
La dynamique bénéficie également de l’appui du projet BEPI, piloté par Expertise France, dont la mobilisation a contribué à l’organisation de l’atelier. Innocentia Apovo Monteiro a exprimé sa gratitude à l’équipe du projet pour son soutien. Avec cette initiative, la Directrice du BCEJ entend ainsi inscrire la coopération judiciaire dans une logique résolument opérationnelle. L’enjeu est de permettre aux différents maillons de la chaîne judiciaire de mieux se connaître, de mieux coordonner leurs interventions et, surtout, d’être davantage préparés lorsque les dossiers franchissent les frontières nationales. Une démarche qui place le BCEJ au cœur d’un défi majeur : faire de la coopération et de l’entraide judiciaires des instruments plus rapides, plus efficaces et mieux maîtrisés au service de la justice béninoise.











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