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NAFAD : À New York, Serge Ekué dévoile trois leviers pour passer du concept à l’action

Photo : Le président de la BOAD, Serge Ekué, à New-York, lundi 21 septembre


La Nouvelle Architecture Financière Africaine pour le Développement (NAFAD) franchit une nouvelle étape dans sa réflexion opérationnelle. Lundi 21 septembre, à New-York, la Banque Ouest-Africaine de Développement (BOAD), présidée par le béninois Serge Ekué, a pris part à la table ronde « The Africa We Build : Regulation, Risk, Reward & Consequences », organisée par l’Africa Finance Corporation (AFC). Au cœur des échanges : l’impact du coût du capital sur l’économie réelle et, surtout, les conditions nécessaires pour transformer la NAFAD en architecture opérationnelle.

Serge Ekué pose la question de l’opérationnalisation

Invité à intervenir sur le thème « How do we turn NAFAD from concept into operating architecture ? », littéralement « Comment faire passer la NAFAD du stade de concept à celui d’architecture opérationnelle ? », Serge Ekué a placé le débat sur le terrain de l’action. Pour le président de la BOAD, l’enjeu n’est plus seulement de définir les contours d’une nouvelle architecture financière africaine. Il s’agit désormais de déterminer les mécanismes permettant de la rendre concrète, fonctionnelle et capable de répondre aux besoins de financement du continent. Une problématique particulièrement stratégique dans un contexte où le coût du capital pèse directement sur la capacité des économies africaines à financer leurs investissements et à accélérer leur transformation.

  • Premier levier : appliquer le principe de subsidiarité

La première condition avancée par Serge Ekué repose sur l’application du principe de subsidiarité. Cette approche vise à permettre à chaque institution d’intervenir au niveau où elle dispose du meilleur avantage comparatif, tout en renforçant les complémentarités entre les différents acteurs de l’écosystème financier africain. Pour la NAFAD, cette coordination doit permettre d’éviter les chevauchements, d’optimiser les ressources disponibles et de rendre plus efficace l’intervention des institutions financières de développement.

  • Deuxième levier : constituer un portefeuille de projets bancables

Deuxième exigence : disposer d’un portefeuille suffisamment important de projets bancables. Pour mobiliser davantage de capitaux, l’Afrique doit pouvoir présenter des projets suffisamment préparés, structurés et capables de répondre aux exigences des différents investisseurs. La constitution d’un tel portefeuille apparaît ainsi comme une condition essentielle pour transformer les ressources financières disponibles en investissements productifs. L’enjeu consiste à rapprocher le capital des projets concrets capables de produire des effets sur l’économie réelle.

  • Troisième levier : mobiliser le capital privé africain

Le troisième axe identifié par Serge Ekué concerne la mobilisation du capital privé africain. Face à l’ampleur des besoins de financement du continent, les ressources publiques et celles des institutions de développement ne peuvent à elles seules couvrir l’ensemble des besoins. L’objectif est donc de mieux mobiliser l’épargne et les capitaux privés africains afin de les orienter vers les secteurs prioritaires et les projets structurants. Cette mobilisation constitue l’un des enjeux majeurs de la transformation de l’architecture financière africaine.

La BOAD veut mettre ses capacités au service de la NAFAD

Dans cette dynamique, la BOAD, basée à Lomé, au Togo, entend contribuer à la concrétisation de cette ambition à partir de ses propres atouts. L’institution dispose notamment d’une capacité d’intermédiation, d’une capacité à mobiliser des ressources ainsi que d’une expertise dans la structuration des projets et des financements. Ces différents leviers peuvent permettre à la Banque de jouer un rôle dans la transformation des orientations de la NAFAD en mécanismes opérationnels au service du développement.

De New York à l’action

La participation de Serge Ekué à cette table ronde new-yorkaise intervient dans le prolongement des réflexions engagées autour de la Nouvelle Architecture Financière Africaine pour le Développement. Après avoir posé les bases d’une approche davantage intégrée du financement du développement, l’enjeu est désormais de franchir une nouvelle étape : passer de la conception à l’exécution. À New York, le président de la BOAD a ainsi résumé cette ambition autour de trois conditions : subsidiarité, projets bancables et mobilisation du capital privé africain. Une équation qui place les institutions financières africaines face à un défi majeur : construire une architecture capable non seulement de mobiliser davantage de capitaux, mais surtout de les transformer en investissements concrets et en résultats tangibles pour les économies du continent.

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