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Législatives du 28 avril 2019 :  « Je répète encore une fois ici qu’il n’y aura d’élection crédible et pacifique au Bénin que si tous (…) y participent librement.», déclare Nicéphore Soglo

(Photo : L’ancien chef de l’État, Nicéphore D. Soglo le 3 avril 2019)

Avril est là. Les béninois sont à présent fixés sur la tenue ou non des élections législatives du dimanche 28 avril 2019 suite au compte rendu du Conseil des Ministres du Gouvernement du Bénin, le mercredi 3 avril dernier. Après les échecs tant législatif que consultatif de la sortie de crise pré-électorale, l’exécutif a sifflé la fin des discussions. Le scrutin législatif prévu pour le dimanche 28 avril 2019 est maintenu à cette date. Quelques minutes après ce respect des textes électoraux, l’ancien chef de l’État béninois, Nicéphore D. Soglo, a fait une déclaration après l’échec de sa deuxième rencontre avec l’actuel chef de l’État, Patrice Talon, au sujet de la crise pré-électorale.

« Je répète encore une fois ici qu’il n’y aura d’élection crédible et pacifique au Bénin que si tous les citoyens, riches ou pauvres, y participent librement. Toute autre option serait la négation pure et simple de la Déclaration universelle des droits de l’Homme et du citoyen (…) », a déclaré mercredi 3 avril l’ancien chef de l’État béninois, à son domicile à Cotonou. Le seul président de la République du Bénin à avoir fait un seul mandat à la tête du pays, a visiblement exprimé, avec un sentiment de malaise profond, son indignation suite à son tête-à-tête avec le chef du Gouvernement du Bénin, le président Patrice Talon. « Le chef de l’État, lors de notre première entrevue, m’avait donné l’assurance qu’il voulait faire baisser la tension dans le pays et en revenir aux lois qui avaient permis son élection en 2016 ; la réforme du système partisan et du code électoral serait discutée après les élections législatives dans un climat apaisé et consensuel », a rappelé Nicéphore D. Soglo.

La sauvegarde de la démocratie en difficulté

Le premier président de la République du Bénin après la Conférence des forces vives de la Nation du février 1990, a évoqué lors de sa sortie en réaction à la décision du Conseil des Ministres du mercredi 3 avril, les difficultés auxquelles est confrontée la sauvegarde de la démocratie béninoise. À l’en croire, la première importante difficulté, serait que l’actuel chef de l’État, Patrice Talon, devait convaincre le BMP, la majorité parlementaire acquise à sa cause. « Et ce fut bien vite un dialogue de sourds et de développements constitutionnels assez insipides », se désole-t-il. La deuxième et dernière importante difficulté, selon Nicéphore D. Soglo, est liée à l’absence du prédécesseur de l’actuel chef de l’État et leader du parti Forces Cauris pour un Bénin Emergeant (FCBE), l’ex-chef de l’État Boni Yayi, à l’entrevue du 3 avril dernier.

Eh bien, il faut affirmer sans ambages que l’ancien chef de l’État, Nicéphore D. Soglo, a échoué du haut de ses expériences, quand on sait que ce dernier doit l’historique réussite de la Conférence des forces vives de la nation du février 1990, de la plus grande manière, à la présence effective des anciens présidents de la République du Bénin. Au regard de cet échec du consensus autour du scrutin législatif inclusif pour le dimanche 28 avril 2019, Nicéphore D. Soglo, n’est pas allé par le dos de la cuillère pour exhorter le premier des citoyens du Bénin, Patrice Talon, à donner de tout son mieux pour la sauvegarde de la démocratie béninoise. « Ce qui permet à un président en exercice d’être réélu, c’est sa capacité à soumettre, à avoir à sa solde tout le monde : députés, maires, élus locaux, commerçants, partis politiques. C’est la manière dont personne n’est capable de lui tenir tête, d’être compétiteur contre lui. Si vous n’avez pas de compétiteur, vous avez beau être mauvais vous serez réélu. », a confié en substance, l’ancien chef de l’État.

Mais Nicéphore D. Soglo a juste oublié une notion qui, jadis, se mettait devant l’intérêt général de la Nation. « Réélu ». Pour l’actuel chef de l’État, Patrice Talon, ça n’existe pas. Il n’en tient pas compte dans sa gestion du pays. Patrice Talon ne se laisse pas intimider, et ne semble pas céder aux chantages politiques. Il est trop têtu et droit dans ses bottes. Les béninois doivent s’attendre désormais à une autre manière de concevoir la vie politique et, sur ce chemin, regarder celle d’alors dans le rétroviseur. Dans la tête de l’actuel locataire de la Marina, tant que les moyens sont mis à la disposition de la CENA, les élections législatives du dimanche 28 avril 2019 auront lieu, peu importe le taux de participation.

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