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Banque Centrale Européenne (BCE) : Christine Lagarde, première femme à diriger la caisse du continent européen

(Photo : Christine Lagarde lors d’une réunion annuelle du Forum économique mondial à Davos – Source : World Economic Forum)


Comme nous l’avons souligné dans l’une de nos publications, Christine Lagarde est la deuxième femme du duo de femme qui s’est hissé au sommet de l’Europe ce mercredi 3 juillet à Bruxelles. Après l’allemande Ursula von der Leyen qui devient la première femme à occuper le fauteuil de présidente de la Commission européenne, la française Christine Lagarde va, dans les heures à venir, devoir quitter son poste actuel de la Directrice générale du Fonds Monétaire International (FMI) pour diriger la Banque Centrale Européenne (BCE), devenant ainsi la première femme à ce poste. A en croire les sources allemandes, la chancelière allemande Angela Merkel n’était pas contre la candidature de la française à la présidence de la BCE.

Christine Lagarde, âgée de trois (03) de plus que la présidente de la Commission européenne, soit 63 ans, n’en est pas à sa première « première fois » elle aussi. En effet, elle est la première femme à occuper le fauteuil de ministre de l’Economie en France durant quatre (04) ans, soit de 2007 à 2011. Devenant première femme à occuper ce poste dans un pays du G8. A tout cela s’ajoute, il faut le rappeler, sa nomination à la tête du FMI. En cause, après la nomination dominante et successive de dix (10) hommes, Christine Lagarde devient en 2011 la première femme à diriger le Fonds Monétaire International (FMI). Quelques minutes après sa désignation par les dirigeants européens, la première femme Directrice générale de la Banque Centrale Européenne (BCE) a exprimé toute sa joie sur sa page Twitter.

 

Une désignation qui suscite des réactions

Mais il y a aussi des réactions mitigées suite à la désignation de la française, première femme Directrice générale de la Banque Centrale Européenne (BCE). Son profil pour diriger la BCE laisse certaines perplexes. Selon ces réactions, le choix de l’actuelle Directrice générale du Fonds Monétaire International (FMI) s’agit plus d’un choix « politique plutôt que technocratique ».  »Elle n’est ni économiste ni banquière centrale », opine Eric Albert qui signe son portrait dans le journal français Le Monde. Faut-il le rappeler que la nouvelle patronne de la BCE traîne aussi une casserole « Tapie ». Ceci pour avoir autorisé un recours inhabituel à une procédure arbitrale, ce qui avait débouché à un versement de 400 millions d’euros à Bernard Tapie, l’homme du Crédit lyonnais. En 2016, elle avait été condamnée pour « négligence » par la Cour de justice de la République, mais avait été dispensée de peine.

Il faut également souligner qu’il y a quelques mois encore, la presse française apprend que celle qui devient la grande argentière de la zone euro avait exclu l’éventualité de prendre la direction de la BCE. En septembre dernier, Christine Lagarde confiait au Financial Times : « Non, non, non, non, non, non… Je ne suis pas intéressée par un emploi européen, ni à la BCE ni à la Commission… « . Et elle déclara le 1er mars dernier dans un entretien dans le quotidien britannique The Guardian que « Le féminisme n’est pas l’apanage des femmes ». A en croire Christine Lagarde, « La violence à l’égard des femmes demeure un problème de taille, et pas seulement dans les pays à faible revenu. Il faut en débattre et la combattre », craignant ainsi un effet boomerang après #MeToo, et que des entreprises n’embauchent pas certaines candidates compte tenu du risque potentiel, assimilant ces candidates à une source de problèmes.

Toutefois, relevons que si cette clé Von der Leyen/Lagarde permet à l’Allemagne et à la France d’accéder chacune à un poste européen de cette importance, il marque cependant un tournant « féminin » sans précédent à la tête des hautes instances du continent européen. « Pour la première fois dans l’histoire communautaire, la Commission et la Banque centrale européenne seront dirigées par des femmes, cette dernière étant quasiment un club réservé aux hommes. Rien qu’en cela, c’est une vraie révolution », a écrit notre confrère du journal français Libération, Jean Quatremer. Mais en Allemagne, il faut bouger. « Tout le monde doit comprendre qu’il faut bouger un peu. Et je dis bien tout le monde », avait déclaré Angela Merkel ce mardi, selon Tv5 Monde. il faut noter que le sommet avait été interrompu lundi à la mi-journée, puis a repris le lendemain matin, rare décision qui a contraint 28 chefs d’Etat et de gouvernement à chambouler leur agenda souvent chargé.

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