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20 août – 20 septembre : Un mois de bisbilles aux postes-frontières qui séparent le Nigeria et le Bénin

Photo : Un tronçon de l’axe routier principal qui relie le Bénin au Nigeria


On était le mardi 20 août, quand le grand voisin de l’Est du Bénin, le géant Nigeria a fermé ses postes-frontières qui le séparent du pays. Vendredi 20 septembre, cela fait exactement un mois que les autorités nigérianes ont décidé de fermer les frontières avec ses voisins limitrophes. Motif officiel : le lancement d’Ex-Swift Response, une opération diligentée dans le cadre de la sécurité, sous la houlette du conseiller à la sécurité nationale du président nigérian. Au regard des impacts que cette décision pourrait avoir sur l’économie béninoise, le chef de l’État béninois a écourté ses vacances au lendemain de l’annonce de ladite décision pour se rendre à Abuja histoire de prendre langue avec son homologue nigérian à propos. Ainsi, des choses sérieuses ont été dites entre Patrice Talon et Muhammadu Buhari. L’actuel locataire d’Aso Rock a demandé celui de la Marina, de prendre des mesures adéquates dans le but de la lutte contre la contrebande et surtout la réexportation de marchandises étrangères, à savoir les voitures d’occasion communément appelées « venu de France » au Bénin et Tokunbo au Nigeria, le riz, l’huile, les volailles, etc. sur le territoire nigérian.

Il faut noter que bien avant le mardi 20 août, le chef de l’État nigérian s’était entretenu avec tout son équipe pour évoquer le sujet. C’est après cette séance que le ministre des Affaires étrangère nigérian a informé l’ambassade du Bénin au Nigeria de la fermeture imminente des frontières. En effet, faut-il dire que hors mis cette recommandation du N°1 nigérian au chef du gouvernement béninois, que les espaces frontaliers sont des milieux de culture et de propagation :

  • de la criminalité transfrontalière que sont les trafics de produits prohibés dont les drogues, les médicaments, les contrefaçons ;
  • de commerce parallèle comme produits pétroliers, coton-graine ;
  • des trafics d’enfants ;
  • de trafic de faux billets de banque ; et
  • de trafic d’armes de guerre.

Le motif officiel n’est qu’une face immergée de l’iceberg du côté d’Abuja qui nourrit d’autres griefs à l’égard de Porto-Novo.

Et la liste est bien longue. Mais la décision des autorités nigérianes semble être orientée vers le Bénin. Le motif officiel n’est qu’une face immergée de l’iceberg du côté d’Abuja qui nourrit d’autres griefs à l’égard de Porto-Novo. En exemple, des bisbilles intestinales d’Abuja, en référence à la crise post-électorale des dernières législatives au Bénin. En cause, les autorités béninoises avaient accusé des ressortissants nigérians d’être les instigateurs des violences qui ont parsemé les manifestations du 1er mai, au lendemain de la tenue du scrutin législatif, scrutin le plus controversé au Bénin depuis 1960 au regard de l’absence des partis de l’opposition. Ces violences ont notamment eu lieu à Cadjèhoun, un quartier de Cotonou ou réside l’ancien chef de l’État béninois Thomas Boni Yayi, leader du parti de l’opposition les FCBE et proche de l’ancien chef de l’État nigérian Olusegun Obasanjo.

Autre probable cause : le milliardaire nigérian du même marigot d’affaires que l’ancien homme d’affaires et roi du coton béninois, Patrice Talon, Aliko Dangoté, à la tête de cimenteries avec habileté au Togo et au Ghana, déplore que ses camions qui transitent par le Bénin soient surtaxés à la frontière. Rappelons qu’en juin dernier, Aliko Dangoté, l’un des faiseurs du roi au Nigeria et proche de l’actuel homme fort dans son deuxième mandat à la tête de la première puissance économique du continent, avait déclaré qu’ « aucun pays ne peut survivre avec un voisin comme le Bénin dont le principal travail est de faciliter la contrebande ». Et le milliardaire s’était plaint de la situation à Muhammadu Buhari. Ce dernier, par la suite, s’en était confié à Patrice Talon.

Pomme de discorde ? Il peut y en avoir encore. Eh bien, il y a bientôt trois ans de cela, soit en décembre 2017. En ce moment là, l’opérateur de téléphonie GSM nigérian, Glo Mobile, filiale de Globalcom, d’un autre milliardaire et homme d’affaires nigérian, Mike Adenuga, a vu sa licence Mobile retirée par le régulateur béninois des télécoms, l’ARCEP, à propos des conditions de renouvellement de ladite licence.

De tout ce qui précède, en vue de satisfaire aux exigences des autorités nigérianes, les autorités en charge des douanes béninoises veulent contribuer à la solution. A cet effet, le Directeur général des Douanes et droits indirects (DGDDI), le Colonel Charles Inoussa Sacca Boco a, dans une note de service, rappelé aux disciples de Saint Mathieu et aux usagers des frontières, la liste des produits prohibés et interdits à l’exportation vers le Nigeria. Dans sa note, le DGDDI invite tout les directeurs et chefs service sur toute l’étendue du territoire nationale, notamment à ceux des postes qui séparent le Bénin et le Nigeria, à la « stricte application et ce, plus accrue lors de l’accomplissement des formalités douanières ».

Voici ci-dessous la liste des produits interdits d’entrer au Nigeria.

  1. Sorgho ;
  2. Millets (Céréales) riz paraboiled, riz blanchi, etc., mil, maïs importé ;
  3. Farine de blé ;
  4. Gypse ;
  5. Huile végétale en vrac ou en futs ;
  6. Spirale pour répulsion de moustiques (mosquito) ;
  7. Pneus réchappés ou usagés ;
  8. Machine à sous ;
  9. Friperie ;
  10. Réfrigérateurs et climatiseurs usagés ;
  11. Appareils compresseurs usagés ;
  12. Ciment ensaché ;
  13. Véhicules de toutes sortes par voie terrestre ;
  14. Véhicules de plus de huit ans d’âge ;
  15. Textiles de toutes sortes par voie terrestre ;
  16. Tissus imprimés (Ankara) ;
  17. Marchandises conteneurisées par voie terrestre ;
  18. Poulets congelés ;
  19. Manioc et produits dérivés ;
  20. Jus de fruits ;
  21. Eau minérale (gazéifiée ou non gazéifiée) ;
  22. Pioches ;
  23. Spaghettis et nouilles (pâtes alimentaires coupées en lanières minces) ;
  24. Biscuits de toutes sortes ;
  25. Comprimés et assimilés par voie terrestre ;
  26. Sucreries tels bonbons, chocolats ;
  27. Cahiers ;
  28. Enveloppes ;
  29. Bières en bouteille ou en cannette.

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