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Côte d’Ivoire : Guillaume Kigbafori Soro, très habile, déjoue un plan d’arrestation et l’administration Ouattara émet un mandat d’arrêt contre lui

Photo : Le président de la Génération et Peuples Solidaire (GPS) et candidat à l’élection présidentielle ivoirienne de 2020, Guillaume Kigbafori Soro


Ce serait difficile, très difficile d’arrêter l’ex-président de l’Assemblée nationale ivoirienne, afin de l’empêcher de se présenter à la prochaine élection présidentielle en Côte d’Ivoire. Guillaume Kigbafori Soro, alias « GKS », très doué et très habile, ne néglige aucune éventualité au lendemain de l’annonce son intention de se présenter à la présidentielle d’octobre 2020. Eh bien, toute la saga de vol de Paris à Accra en survolant Abidjan et Ouagadougou, ce lundi 23 décembre, en explique largement. En cause, attendu ce lundi par ses partisans à l’aéroport d’Abidjan, la capitale ivoirienne, le vol du président de la Génération et Peuples Solidaire (GPS) n’a pas foulé le sol de Côte d’Ivoire. En provenance de la capitale française Paris à 8h (heure française), après sa tournée européenne, pour s’atterrir à Abidjan, c’est à l’aéroport international d’Accra, au Ghana, que l’appareil volant va se poser dans l’après-midi de ce lundi à un peu plus de 14h (heure ghanéenne). N’est-ce pas un changement de ligne de vol ? Oui et cela est un ordre, une volonté de son principal passager, le probable prochain président de Côte d’Ivoire, Guillaume Kigbafori Soro. Contrairement à ce que pouvaient penser les ivoiriens et d’autres observateurs de l’animation de la vie politique ivoirienne, le détournement de l’avion transportant l’ex-N°1 du parlement ivoirien n’est pas lié à une quelconque interdiction de l’atterrissage à l’aéroport d’Abidjan de l’appareil. « Au cours du vol qui a débuté ce lundi 23 décembre 2019 à 7h GMT (8 h à Paris), Monsieur Kigbafori Guillaume Soro a de son propre chef, par l’intermédiaire d’Amer Mouja, représentant l’agence TRIP support services, demandé que l’avion le transportant qui survolait le Burkina Faso, soit dérouté vers Accra. », atteste le communiqué signé par le Directeur de l’Autorité Nationale de l’Aviation Civile (ANAC) de Côte d’Ivoire, Sinaly Silue. « Les autorités ivoiriennes n’ont en aucun cas empêché l’atterrissage de vol à l’aéroport d’Abidjan. », assure la direction de l’ANAC. Malgré les assurances des autorités ivoiriennes n’ayant entrepris aucune action pour empêcher le retour à Abidjan de l’ex-ange d’épaule en 2010 du président Alassane Dramane Ouattara, « ADO », l’avion survol la capitale ivoirienne. Les heures suivantes vont donner raison à « GKS » d’avoir décidé d’atterrir à Accra. L’ex-chef rebelle aurait vu son arrestation une fois, l’avion le transportant se posait sur le tarmac de l’aéroport d’Abidjan. Puisque quelques minutes après son atterrissage à Accra, au Ghana voisin de l’Est de Côte d’Ivoire, Guillaume Kigbafori Soro va apprendre qu’une procédure judiciaire appuyée d’un mandat d’arrêt émis contre lui, est ouverte à Abidjan.

Tentative de déstabilisation et détournement de deniers publics

L’ex-allié du chef de l’État ivoirien Alassane Dramane Ouattara est, selon Abidjan, poursuivi pour « tentative de déstabilisation et détournement de deniers publics ». En réaction, son mouvement politique GPS s’est réuni dans la soirée à son siège sis à la Riviera Golf, à Abidjan, pour se prononcer sur la situation. Mais les choses ne vont pas se dérouler comme souhaitées. La conférence de presse annoncée à cet effet, par les membres du bureau politique de la GPS a été empêchée par les forces de sécurité publique ivoirienne. À l’heure précise où ces derniers voulaient faire leur déclaration, soudain les hommes armés ont pris d’assaut la salle de conférence réservée pour la circonstance, empêchant d’aller au bout de leur initiative. Au cours de l’empêchement des travaux politique de la GPS, il a eu des interpellations, notamment celle d’un député proche du président de la Génération et Peuples Solidaire (GPS), Alain Lobognon. Guillaume Kigbafori Soro, c’est quand même un jeune de 47ans. Il fait figure des candidats favoris pour le successeur d’Alassane Dramane Ouattara. C’est d’ailleurs le premier ivoirien à avoir annoncé son intention de se présenter à la présidentielle d’octobre 2020. Depuis son départ forcé par le premier Magistrat de Côte d’Ivoire, du perchoir de l’hémicycle ivoirien, l’ex-chef rebelle est entré en disgrâce ce dernier. Bientôt un an, soit février 2019, Guillaume Kigbafori Soro a déposé le tablier du président de l’Assemblée nationale à Amadou Soumahoro, un proche d’«ADO ». Il est donc devenu free et s’est accroché à la préparation de la présidentielle de l’année prochaine. Pour ce faire, « GKS » a entamé une tournée européenne avec de multiples rencontres. Ainsi, avec son GPS, il a pu rencontrer son rival, lui aussi jeune, politique, Charles Blé Goudé. Ce dernier est poursuivi tout comme le chef du gouvernement auquel il avait appartenu, l’ex-chef de l’État ivoirien, Laurent Gbagbo, par la Cour Pénale Internationale (CPI). Une rencontre de taille, car, même en absence en Côte d’Ivoire, Laurent Gbagbo et son ex-ministre de la Jeunesse, sont très populaires dans le pays. Il convient de noter que l’ex-chef de l’État ivoirien en résidence surveillé à Bruxelles, la capitale belge, a le soutien de son prédécesseur, l’ex-président ivoirien, Henri Konan Bédié. Double avantages et la probabilité est forte pour le président de la Génération et Peuples Solidaire (GPS), Guillaume Kigbafori Soro, de succéder à Alassane Dramane Ouattara en 2020. Vivement que tout se passe dans la paix et qu’un autre « gbangban » comme on le dit en Côte d’Ivoire, n’embrasse plus le pays.

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