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Nigeria : Muhammadu Buhari remplace les 4 chefs de l’armée

Photo : Le chef de l’État nigérian, Muhammadu Buhari en blanc


Véritable coup de balai dans l’armée nigériane. Le président nigérian, Muhammadu Buhari, a annoncé ce mardi 26 janvier le remplacement des quatre principaux chefs de l’armée du pays. Une décision du chef suprême des armées nigérianes qui intervient, après des mois de grave détérioration de la situation sécuritaire dans le pays voisin de l’Est du Bénin. L’homologue de Patrice Talon a « accepté la démission immédiate » des 4 chefs de l’armée du Nigeria. L’actuel locataire du Palais d’Aso Roch, à Abuja, élu démocratiquement en 2015 à la tête du pays le plus peuplé d’Afrique, a aussitôt nommé leurs remplaçants à l’Armée de terre, de l’air, de la marine, et du chef d’état-major. Il s’agit respectivement d’Ibrahim Attahiru, du Général Isiaka Oladayo Amao, de l’amiral A. Z Gambo, et bien évidemment du Général Leo Irabor.  Il faut souligner que la décision, bien qu’elle survienne après des mois de pression en sous-main de la présidence sur l’armée nigériane, est une surprise. Cependant, le chef de l’État, ancien général putschiste dans les années 1980, avait jusqu’à présent défendu officiellement les généraux et leurs stratégies militaires. Il faut indiquer la gratitude de Muhammadu Buhari qui a, dans un communiqué de la présidence, très reconnaissant à l’égard de ces patrons de l’armée nigériane. « Je voudrais saluer leurs formidables victoires dans leurs efforts pour apporter la paix dans notre cher pays. », a-t-il reconnu. Ceci, il faut le rappeler, après avoir essuyé de nombreuses critiques face à la situation sécuritaire de la première puissance économique du continent.

Insécurité sur la terre comme sur l’eau

Inutile de signaler que le Nigeria, avec quelque 200 millions d’habitants, est confronté à de graves troubles, notamment dans le Nord-est du pays où les attaques des groupes jihadistes Boko Haram occupent la première ligne. Aussi de l’État Islamique en Afrique de l’Ouest (ISWAP) et surtout son Nord-ouest, une région toujours en proie à des bandes criminelles organisées qui terrorisent particulièrement les populations et multiplient les enlèvements à grande échelle. Il faut aussi dire que l’insécurité est présente sur la terre comme sur l’eau. En effet, le Golfe de Guinée auquel appartient le Bénin et qui borde le Nigeria, est également devenu la région maritime la plus dangereuse au monde avec des attaques répétées contre des navires par des pirates. À l’opposé, c’est-à-dire au Sud du Nigeria, la région du Sud-est, frontière avec le Cameroun, reste particulièrement instable et risque de s’embraser à tout moment. Là-bas, en effet, c’est le groupe indépendantiste appelé Mouvement des Peuples Autochtones du Biafra (IPOB) qui menace de prendre les armes. Hier, lundi 25 janvier, il est à noter que de violents heurts entre une milice se réclamant de l’IPOB et l’armée nigériane ont fait au moins un mort civil. Il convient de relever que l’insécurité a fait des millions de déplacés au Nigeria, soulevant d’importants défis non seulement humanitaires, mais aussi et surtout alimentaires. Rappelons que l’actuel président nigérian, Muhammadu Buhari, poursuit son deuxième mandat consécutif à la tête du pays.

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