Photo : La forêt sacrée d’oro, communément appelée en langue locale Nagot-Yoruba Igbo Oro, ici, celle de Ogossa, à l’entrée de Sakété en provenance de l’Ouémé
Dans le département du Plateau, au sud-est du Bénin, certaines traditions demeurent profondément ancrées dans la vie des communautés. Le culte Oro figure parmi celles qui continuent de rythmer, chaque année, le calendrier culturel des populations Nagot-Yoruba. À Adja-Ouèrè, Ifangni, Kétou, Pobè comme à Sakété, les préparatifs de l’édition 2026 sont achevés ou en passe de l’être. À partir de ce dimanche 16 août, les cinq communes du département vont renouer avec les manifestations liées à cette tradition ancestrale, considérée par ses pratiquants comme une composante majeure de leur identité endogène.
Une tradition solidement ancrée dans le Plateau
Au fil des années, le culte Oro s’est imposé comme un rendez-vous culturel annuel auquel les communautés Nagot du Plateau restent particulièrement attachées. Les manifestations sont organisées dans plusieurs arrondissements, villages et quartiers, selon un calendrier traditionnel établi à l’avance. La pratique ne concerne pas uniquement les populations vivant dans le département. La diaspora Nagot-Yoruba participe également à ces retrouvailles culturelles, donnant aux festivités une dimension qui dépasse les frontières locales. Dans les communes d’Adja-Ouèrè, d’Ifangni, de Kétou, de Pobè et de Sakété, les populations se préparent ainsi à plusieurs jours de manifestations cultuelles. Sakété, commune située à proximité du département de l’Ouémé, devrait notamment connaître une forte mobilisation autour de cette célébration.
Dix-sept jours de manifestations
Selon la tradition observée par les communautés concernées, les festivités du culte Oro s’étendent sur dix-sept (17) jours. Cette période obéit à un agenda précis, comprenant notamment des périodes de fermeture diurne. Trois grandes fermetures dans la journée sont ainsi prévues au cours de la période rituelle. À celles-ci s’ajoutent des restrictions nocturnes qui, selon le calendrier traditionnel, interviennent presque quotidiennement, généralement de 23 heures à 4 heures du matin. Durant ces périodes, les règles traditionnelles sont strictes. La circulation et certaines activités sont soumises aux prescriptions du culte. La sortie est notamment réservée aux hommes initiés, conformément aux usages observés par les communautés pratiquantes.
Oro, une divinité associée au vent
Dans l’imaginaire religieux traditionnel Nagot-Yoruba, Oro est notamment associé au vent et à une dimension spirituelle particulière. Les manifestations qui lui sont consacrées ne constituent donc pas une simple festivité populaire : elles s’inscrivent dans un ensemble de rites et de pratiques transmis de génération en génération. Pour les défenseurs de cette tradition, sa perpétuation participe à la sauvegarde du patrimoine culturel et de l’identité endogène. Le rendez-vous annuel constitue également un moment de transmission entre générations et de rassemblement de la communauté.
Le Plateau sous le signe de la tradition
Avec le lancement officiel annoncé pour ce jour, dimanche 16 août, le département du Plateau s’apprête donc à vivre plusieurs jours au rythme des prescriptions liées au culte Oro. De Sakété à Kétou, en passant par Pobè, Ifangni et Adja-Ouèrè, la tradition reprendra ses droits dans les espaces où elle est observée. Pendant dix-sept (17) jours, le calendrier culturel des communautés Nagot-Yoruba sera ainsi marqué par les rites, les périodes de fermeture et les règles qui encadrent cette célébration annuelle. Pour les populations concernées, l’enjeu dépasse la seule célébration religieuse : il s’agit aussi de préserver une tradition ancienne, considérée comme une composante de leur identité culturelle et de leur patrimoine immatériel.


Soyez le premier a laisser un commentaire