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De Lomé à Cotonou : Serge Ekué et Edison Adjovi, deux béninois, une même ambition pour l’Afrique ?

Photo : Le président de la BOAD, Serge Ekué, aux BOAD Development Days, à Lomé, jeudi 11 juin, et le Commissaire général du Forum Diaspora Connect, Edison Adjovi, à Cotonou, vendredi 31 juillet


Et si derrière deux rendez-vous majeurs organisés à quelques semaines d’intervalle se dessinait une même philosophie : celle de croire aux talents africains, de connecter les compétences et de transformer les ambitions en projets concrets ? En juin 2026 à Lomé, puis en juillet à Cotonou, deux initiatives portées par des béninois ont marqué les agendas économiques et entrepreneuriaux de la sous-région : les BOAD Development Days (BDD) et le Forum Diaspora Connect (FDC). Ce lundi 31 août, à un mois presque jour pour jour entre les deux événements, la coïncidence interpelle. D’un côté, Serge Ekué, président de la Banque Ouest-Africaine de Développement (BOAD), qui a réuni à Lomé, en juin, acteurs publics, investisseurs, experts et entrepreneurs autour des grands enjeux du financement du développement. De l’autre, Edison Adjovi, Commissaire général du Forum Diaspora Connect, qui a rassemblé à Cotonou, fin juillet dernier, la diaspora béninoise, des entrepreneurs, des investisseurs, des institutions et de jeunes talents autour de la création de valeur. Deux événements. Deux villes. Deux temporalités rapprochées. Et surtout, deux béninois qui semblent placer la connexion des talents, des capitaux, des idées et des opportunités au cœur de leur démarche. Simple coïncidence ? Ou convergence de visions ?

Lomé puis Cotonou : deux rendez-vous, un même souffle

Les BOAD Development Days 2026, organisés à Lomé en juin, ont constitué une importante plateforme de réflexion sur le financement du développement en Afrique de l’Ouest. L’ambition portée par Serge Ekué et la BOAD dépasse le simple financement de projets. Il s’agit de rapprocher les investisseurs, les États, les entreprises, les institutions financières et les porteurs de projets afin de faire émerger des solutions capables d’accélérer la transformation économique de la région. Quelques semaines plus tard, Cotonou accueille la deuxième édition du Forum Diaspora Connect 2026. Le principe est différent, mais la philosophie présente d’étonnantes similitudes : connecter les compétences, faire circuler les expériences, mobiliser les réseaux et rapprocher les talents de leur pays d’origine. Le FDC ne veut plus regarder la diaspora uniquement sous l’angle du retour physique au pays. Il entend plutôt la considérer comme une force économique, intellectuelle, entrepreneuriale et relationnelle, capable d’agir depuis n’importe quel point du monde. Et c’est précisément sur ce terrain que les deux initiatives semblent se rencontrer.

Serge Ekué, l’aîné ; Edison Adjovi, le jeune acteur : une transmission de vision ?

La question peut légitimement être posée, sans pour autant affirmer ce qui ne peut être démontré : Edison Adjovi marche-t-il dans les pas d’une vision déjà portée depuis plusieurs années par Serge Ekué ? Il serait prématuré d’y voir une filiation intellectuelle formellement établie. Mais les convergences sont suffisamment fortes pour susciter la réflexion au Groupe de presse « DIFFÉRENCE », notamment à la rédaction differenceinfobenin.com, à Porto-Novo. Serge Ekué défend une BOAD qui ne soit pas uniquement une institution financière, mais un véritable catalyseur de transformation. Son Plan Stratégique Djoliba… La Suite (2026-2030) met notamment l’accent sur l’intégration régionale, l’autonomie stratégique, le progrès social inclusif, le secteur privé et la résilience climatique. De son côté, Edison Adjovi a choisi de faire du FDC une plateforme où la diaspora, les entrepreneurs, les investisseurs, les institutions et la jeunesse peuvent se rencontrer et transformer leurs ambitions en opportunités. Dans les deux cas, la connexion est au cœur du dispositif.

  • Connexion des territoires chez la BOAD.
  • Connexion des talents et des réseaux au FDC.
  • Connexion des capitaux et des projets.
  • Connexion entre l’Afrique et le reste du monde.

Le passage de Lomé à Cotonou qui interpelle

Un élément donne davantage de relief à cette proximité. Après avoir participé aux travaux des BOAD Development Days, à Lomé, Serge Ekué a fait le déplacement vers Cotonou pour prendre part au Forum Diaspora Connect 2026. Le dirigeant de la BOAD n’y était pas un simple participant. Il a apporté une contribution particulièrement remarquée à la deuxième journée du forum, consacrée au business, à l’investissement, à l’entrepreneuriat et à la création de valeur. Son intervention sur le thème « Financer les ambitions africaines : comment transformer les talents béninois en moteurs de croissance et d’impact » a donné une dimension particulière au rendez-vous. Et son message était sans ambiguïté :

« Il ne s’agit plus seulement de demander aux membres de la diaspora de rentrer au pays. Il faut leur permettre de rester connectés, d’investir, de transmettre, d’ouvrir des marchés, de créer des partenariats et de mettre leurs réseaux au service du développement du Bénin et de l’Afrique. »

Cette philosophie rejoint étonnamment l’esprit même du mot « Connect » qui donne son identité au FDC.

De la « fuite des cerveaux » à la circulation des talents*

C’est probablement l’un des points de convergence les plus forts. À Cotonou, Serge Ekué a invité à changer de vocabulaire et surtout de paradigme. Plutôt que de continuer à parler de « fuite des cerveaux », il préfère parler de « circulation des talents ». L’ingénieur installé à Montréal, la chercheuse à Paris ou l’entrepreneur à Londres peuvent contribuer au développement du Bénin sans nécessairement abandonner leur parcours international. La distance, selon cette vision, n’est plus forcément une frontière. Elle peut devenir un réseau. C’est exactement là que la diaspora prend une autre dimension : non plus une communauté éloignée du pays, mais un ensemble d’interconnecteurs capables de relier le Bénin aux grands centres économiques, scientifiques et technologiques mondiaux. Et le FDC semble précisément vouloir construire cette passerelle.

Deux initiatives qui donnent une nouvelle place aux talents

À Lomé comme à Cotonou, un message ressort : l’Afrique ne pourra pas transformer son potentiel uniquement avec des infrastructures ou des financements. Il faut aussi des femmes et des hommes capables de transformer une idée en entreprise, une entreprise en champion régional et, pourquoi pas, en acteur mondial. La BOAD travaille à mobiliser les ressources nécessaires à cette transformation. Le FDC cherche, de son côté, à créer les connexions susceptibles de faire émerger ces projets et de rapprocher les compétences des opportunités. Les deux démarches ne sont donc pas identiques. Mais elles peuvent être complémentaires. L’une agit principalement comme institution de financement du développement. L’autre comme plateforme de connexion, de rencontres et de mobilisation des talents.

Un « secret » entre deux compatriotes ? Laissons les faits parler

Le succès rencontré par les deux événements (les BOAD Development Days à Lomé en juin et le Forum Diaspora Connect à Cotonou en juillet) pourrait naturellement alimenter toutes sortes d’interprétations.

  • Existe-t-il une concertation particulière entre Serge Ekué et Edison Adjovi ?
  • Y a-t-il derrière ces initiatives une stratégie commune ?
  • Edison Adjovi s’inspire-t-il directement de la vision de son aîné ?
  • Ou s’agit-il simplement de deux trajectoires béninoises qui, chacune à leur manière, répondent aux mêmes défis du moment ?

À ce stade, les faits ne permettent pas d’affirmer l’existence d’un « secret » entre les deux hommes. Mais ils autorisent une observation : leurs initiatives se croisent sur plusieurs préoccupations majeures ; jeunesse, talents, diaspora, investissement, entrepreneuriat, financement et transformation économique. Et le déplacement de Serge Ekué de Lomé à Cotonou pour apporter sa voix au FDC donne à cette convergence une visibilité particulière.

Une génération qui semble vouloir construire plutôt que commenter

Au fond, la question dépasse les personnes. Elle renvoie à une nouvelle génération d’acteurs africains qui ne veulent plus seulement constater le potentiel du continent, mais créer les mécanismes permettant de le transformer. Serge Ekué, à la tête de la BOAD, porte cette ambition à l’échelle régionale à travers le financement du développement et la mobilisation des capitaux. Edison Adjovi, avec Diaspora Connect, tente de créer un espace où les talents béninois de l’intérieur et de l’extérieur peuvent se retrouver autour de projets, de compétences et d’opportunités. Deux approches différentes, mais un même impératif : connecter pour transformer.

Lomé-Cotonou : simple coïncidence ou signal d’une ambition plus grande ?

Juin 2026 à Lomé. Juillet 2026 à Cotonou. Un mois d’écart. Deux événements à forte portée économique. Deux béninois à la manœuvre. Et, au milieu, un même mot qui revient : connexion. La coïncidence est troublante. Mais peut-être faut-il plutôt y voir le signe d’une époque où le développement africain se construit de moins en moins en vase clos. Serge Ekué et Edison Adjovi appartiennent à des univers et à des générations différents. Pourtant, leurs initiatives semblent porter une conviction commune : l’Afrique dispose déjà d’une grande partie des talents, des idées et des ressources dont elle a besoin. Le véritable défi est désormais de les connecter et de leur donner les moyens d’agir. C’est peut-être là, finalement, que se trouve le véritable « secret » de Lomé à Cotonou : non pas un accord caché, mais une ambition visible ; faire de la connexion des talents et des acteurs un accélérateur de transformation africaine.

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