Photo : Le ministre de la Santé, Prof Benjamin Ignace Bodounrin Hounkpatin
Face à la confirmation d’un cas importé de maladie à virus Ebola au Nigeria, le Gouvernement béninois passe en phase de préalerte et renforce son dispositif de surveillance. Aucun cas n’est enregistré au Bénin à ce jour, mais la proximité avec le Nigeria et l’intensité des échanges entre les deux pays conduisent les autorités sanitaires à appeler la population à la vigilance et au strict respect des mesures de prévention.
_*Porto-Novo appelle à la vigilance*_
La confirmation, mardi 20 octobre, à Abuja, d’un cas importé d’Ebola chez une voyageuse en provenance d’Ouganda a conduit les autorités béninoises à renforcer leur vigilance. Si aucun cas n’a été signalé sur le territoire national, le Gouvernement Wadagni I entend anticiper tout risque éventuel, notamment aux différents points d’entrée du pays. Le Ministère de la Santé (MS), sous l’autorité du professeur Benjamin Ignace Bodounrin Hounkpatin, appelle ainsi les populations à respecter les mesures de prévention et à privilégier exclusivement les informations issues des sources officielles. L’objectif est également d’éviter la propagation de rumeurs susceptibles d’alimenter une inquiétude injustifiée.
Des gestes simples pour limiter les risques
Dans ce contexte de préalerte, les autorités sanitaires rappellent les principaux comportements à adopter. Le lavage régulier des mains avec de l’eau et du savon figure parmi les mesures essentielles. Les populations sont également invitées à éviter tout contact avec les liquides biologiques d’une personne malade et à ne pas manipuler le corps d’une personne décédée dans des circonstances inexpliquées. La prudence est également recommandée concernant les animaux sauvages retrouvés malades ou morts. Leur consommation ou leur manipulation est déconseillée. Le ministère insiste par ailleurs sur la nécessité d’éviter l’automédication. En présence d’une fièvre soudaine accompagnée d’une grande fatigue, de douleurs, de vomissements, de diarrhée ou de saignements, une consultation rapide dans le centre de santé le plus proche est recommandée. Il est également possible d’alerter le relais communautaire de sa localité. Une vigilance particulière est demandée lorsque ces symptômes apparaissent dans les 21 jours suivant un séjour dans un pays touché ou un contact avec une personne malade.
Ebola ne se transmet pas par l’air
Le ministère de la Santé insiste également sur un point essentiel pour éviter les fausses informations : Ebola ne se transmet pas par l’air. La contamination intervient principalement lors d’un contact direct avec le sang ou les liquides biologiques d’une personne malade ou décédée, mais également avec des objets contaminés. Une meilleure connaissance des modes de transmission doit permettre aux populations d’adopter les bons comportements, sans céder à la panique.
Le dispositif « One Health » activé
Parallèlement aux mesures destinées au grand public, le Gouvernement béninois a activé les commissions techniques de la plateforme multisectorielle _« One Health »_. Cette mobilisation vise à coordonner les préparatifs et à assurer une réponse concertée entre les différents secteurs concernés. Des séances de travail réunissent les ministères concernés ainsi que les partenaires techniques et financiers. Les discussions portent notamment sur l’harmonisation de la surveillance, la prise en charge d’éventuels cas et les différents aspects nécessaires à une réponse efficace.
Hounkpatin inspecte le dispositif à l’aéroport de Cotonou
La surveillance est particulièrement renforcée aux points d’entrée du territoire. Ce mercredi 21 octobre, le ministre de la Santé, le professeur Benjamin Ignace Bodounrin Hounkpatin, s’est rendu à l’aéroport international Cardinal Bernardin Gantin de Cotonou afin d’évaluer les moyens disponibles pour détecter rapidement d’éventuels cas chez les voyageurs. Le dispositif existant repose notamment sur des caméras thermiques installées à des endroits stratégiques du hall d’arrivée. Des salles d’isolement sont également disponibles afin d’accueillir les personnes suspectées d’être contaminées et de permettre leur transfert si nécessaire. À l’issue de cette visite, les responsables de l’aéroport ont échangé avec le ministre sur les aménagements nécessaires à l’intégration d’un dispositif encore plus renforcé dans le nouveau grand hall actuellement en construction.
Le Nigeria sous surveillance, le Bénin en alerte
Le cas confirmé au Nigeria concerne une voyageuse arrivée d’Ouganda. Dans ce pays, 44 contacts font l’objet d’un suivi, selon les éléments communiqués dans le cadre de cette alerte. Pour le Bénin, la proximité géographique avec le Nigeria et l’intensité des mouvements entre les deux pays imposent une vigilance particulière. Les autorités de Porto-Novo entendent donc maintenir une surveillance accrue aux frontières et dans les différents points d’entrée du territoire.
Pas de cas au Bénin, mais une vigilance maximale
À ce stade, aucun cas de maladie à virus Ebola n’a été enregistré au Bénin. Le renforcement du dispositif sanitaire relève donc d’une démarche d’anticipation destinée à détecter rapidement toute éventuelle menace et à protéger la population. Le message des autorités est clair : vigilance, prévention et confiance dans les sources officielles. Dans cette phase de préalerte, le Gouvernement mise autant sur la mobilisation de son dispositif sanitaire que sur la responsabilité des populations pour empêcher la propagation de la maladie et éviter les rumeurs.


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