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Police Républicaine : un ministre, un préfet et un maire tuent un jeune major

(Photo : Façade du Centre National Hospitalier Universitaire Hubert-Koutoukou Maga – Source : Site du CNHU-HKM)


La réforme sanitaire au Bénin peine à prendre un Nouveau Départ. Cette réforme, plutôt que de sauver les béninois, eh bien elle les tue à petit coup. Mieux, les autorités au haut niveau, au sommet de l’État, contribuent à la disparition des braves et vaillants béninois. Avec la suspension du patron de la Direction de la Santé Publique (DSP), Cossi Pius Gounadon par arrêté ministériel en date du mercredi 7 août dernier, le ministre béninois de la santé Benjamin Hounkpatin n’est pas encore au seuil de la solution du drame dans lequel baigne le système sanitaire béninois. Ce système qui souffre d’une carence de volonté politique, devient depuis l’avènement du gouvernement actuel un abattoir humain. Le Centre National Hospitalier Universitaire Hubert-Koutoukou Maga (CNHU-HKM) de Cotonou est devenu un laboratoire où les étudiants en médecine se servent des patients de ce Centre hospitalier de référence comme des rats pour mettre en pratique les cours appris dans les amphis.

Pour en être témoin, il fallait séjourner 24 heures au CNHU- HKM de Cotonou, de préférence au Service urgence. Il est vrai que l’enjeu crucial pour Patrice Talon et son gouvernement est de doter le Bénin d’un système sanitaire performant avec des services non seulement de qualité mais et surtout accessibles à toute la population béninoise. Mais cet enjeu n’épouse pas les pratiques, les actes dans la réalité. Aujourd’hui le gouvernement nous parle de la construction des infrastructures sanitaires dans les localités du Bénin. Ne dit-on pas que « le manque de poudre change un fusil en bâton » ! Qu’allez-vous faire du CHNU-HKM ? Même si vous construisez un hôpital dans chaque arrondissement des communes du Bénin, et que ce qui s’est passé la semaine du 22 juillet dernier continue, alors ce serait la face cachée de l’iceberg. Eu égard ce qui s’est passé au CNHU-HKM cette semaine supra mentionnée, ne peut-on pas dire que la gouvernance actuelle est fumiste ?

La mort du Major Houngnibo est un cadavre dans le placard des dirigeants béninois

Dans la nuit du mercredi 24 juillet 2019, en route pour Abomey-Calavi, ville située au sud-ouest de Cotonou capitale économique du Bénin, le Major Houngnibo remorqué par un de ses collègues tous deux en service à l’unité de la Police Républicaine de la ville d’Abomey-Calavi, sont victimes d’un accident de circulation. Un accident survenu à la hauteur de Glo-Djigbé, plus précisément au niveau où la voie est devenue sens unique. Il faut relever que sur cette voie, la lumière est quasiment absente et occasionne de nombreux accidents souvent mortels.

Pouvons-nous ouvrir une parenthèse sur cet aspect de lumière et se demander si le ministre béninois de l’énergie serait-il aussi complice de ce meurtre ? Peut-être non. Car, la Société Béninoise d’Énergie Électrique (SBEE) dirigé par Laurent Tossou, a une stratégie où chaque lundi les difficultés qui peuvent constituer de frein au développement d’énergie électrique du Bénin, sont portées à la connaissance du DG SBEE, qui à son tour les remonte au ministre de tutelle Dona Jean-Claude Houssou. Alors, si cette voie est encore dans le noir depuis trois ans malgré les efforts consentis pour l’exécution des projets d’électrification des grands axes routiers du Bénin, c’est à la Direction Départementale de l’Énergie Atlantique que les populations de cette localité, notamment les usagers de cette voie doivent s’en prendre. Fermons la parenthèse.

Justement à ce niveau de la voie ténébreuse, le Major Houngnibo et son collègue sont renversés de leur moto par un véhicule. Le collègue pilote de la moto est mort sur place. Le Major Houngnibo entre la vie et la mort sera évacué en urgence sur le Centre National Hospitalier Universitaire Hubert-Koutoukou Maga (CNHU-HKM) de Cotonou par les Sapeurs-pompiers. Et c’est au CNHU-HKM que les autorités béninoises lui arrachent son dernier souffle. En cause, quand les Sapeurs-pompiers ont amené la victime en état très critique au CNHU-HKM, aucun médecin urgentiste ne songe à approcher l’ambulance. Or, quand les médecins ne s’occupent pas des Sapeurs-pompiers en s’intéressant et ménageant un lit à la victime, ces derniers ne déposent pas la victime mais restent en attente d’une réaction des médecins. C’est le cas du Major Houngnibo le mercredi 24 juillet dernier. A son arrivée, puisque personne ne calcule les Sapeurs-pompiers, la vie du Major Houngnibo est accrochée au coup de fil. Dans un premier temps, c’est le maire d’Abomey-Calavi Georges Bada qui serait appelé, puis lui aurait appelé le préfet du département de l’Atlantique Jean-Claude Codjia, lui à son tour aurait appelé le ministre de la santé Benjamin Hounkpatin qui ensuite aurait appelé le directeur de la santé publique ou le directeur du CNHU-HKM. Tout un tour du monde téléphonique pour secourir un agent de Police Républicaine mourant.

Il a fallu cette saga téléphonique des dirigeants béninois avant que le Major Houngnibo ne soit sorti de l’ambulance des Sapeurs-pompiers par les médecins urgentistes du CNHU-HKM. Mais s’il fallait 60 secondes pour sauver le vaillant serviteur de la Nation, admettons que ce temps mis pour le tour d’horizon d’intervention téléphonique des autorités béninoises est largement suffisant pour qu’un homme perdant du sang puisse mourir. Et c’est ce qui était arrivé. Le Major Houngnibo est sorti de l’ambulance mais les médecins n’ont pas pu le sauver. Âgé de 35 ans environ, le Major Houngnibo mourra en laissant derrière lui une famille de deux (02) veuves et de sept (07) orphelins. Il convient de noter que la mort du Major Houngnibo (l’agent de la Police Républcaine n’était pas en uniforme) est malheureusement une mort parmi tant d’autres qui sont survenues au CNHU-HKM de Cotonou dans les mêmes conditions d’abandon, où l’anonymat sur le profil ou le nom de la victime peut influer sur le temps prévu pour s’occuper rapidement de la santé d’une victime. C’est cette mort qui a tué le fils de 19 ans du député Augustin Ahouanvoébla. Vivement une Rupture !

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