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AIST à Cotonou : Serge Maabé veut « sanctuariser » les ressources publiques pour l’environnement

Photo : Le président de l’AIST, le DG TCP de la RDC, Serge Maabé, à Cotonou, ce mardi 15 septembre


Élu ce mercredi 16 septembre, à Cotonou, à la présidence de l’Association Internationale des Services du Trésor (AIST), Serge Maabé, Directeur général du Trésor et de la Comptabilité Publique de la République Démocratique du Congo (RDC), entend inscrire son mandat dans la continuité des décisions prises par l’organisation. Au cœur de son message : renforcer la place des Trésors dans la gestion des enjeux climatiques et contribuer à sanctuariser les ressources publiques dédiées à la protection de l’environnement.

La RDC prend les commandes de l’AIST

Après deux jours de travaux consacrés aux « finances publiques au service de l’impératif environnemental », le 17ᵉ colloque international de l’AIST s’est achevé ce mercredi 16 septembre, à Cotonou sur une nouvelle étape dans la vie de l’organisation. Les directeurs généraux des Trésors et responsables des administrations financières réunis dans la capitale économique béninoise ont porté leur choix sur la candidature de la République démocratique du Congo. Serge Maabé, Directeur général du Trésor et de la Comptabilité Publique de la RDC, prend ainsi la présidence en exercice de l’AIST. Il aura également la responsabilité d’accompagner la préparation du prochain colloque, qui se tiendra en RDC. À l’issue de son élection, le nouveau président a d’abord tenu à saluer le travail accompli par les organisateurs du rendez-vous de Cotonou, notamment le président sortant, Directeur général du Trésor du Bénin, Oumara Assouma, ainsi que la Secrétaire générale de l’AIST, Catherine Lemesle. Il a également exprimé sa reconnaissance aux autorités de la RDC qui l’ont mandaté pour représenter le pays au sein de cette instance.

L’une des premières précisions apportées par Serge Maabé concerne sa conception de la présidence de l’organisation. Pas question, pour le nouveau président, d’imposer une vision personnelle à l’association. Son mandat devra s’inscrire dans les orientations déjà arrêtées collectivement par les membres. « L’agenda, c’est l’agenda de l’AIST. », affirme-t-il au micro de la rédaction differenceinfobenin.com du Groupe de presse « DIFFÉRENCE », à Porto-Novo. Les colloques, séminaires, webinaires et autres initiatives de l’association constitueront ainsi les principaux leviers de son mandat. La RDC mettra notamment à disposition ses moyens nationaux pour accueillir les délégations, mobiliser les expertises locales et accompagner la supervision opérationnelle de l’organisation. « Ce n’est pas une vision individuelle », insiste Serge Maabé. Il s’agira plutôt, selon lui, d’assurer « la déclinaison opérationnelle de la vision de l’AIST » au cours du mandat qui lui a été confié par ses pairs.

Le Trésor au cœur de la finance climatique

Au cœur des échanges de Cotonou figurait une question essentielle : comment faire en sorte que les finances publiques contribuent davantage à la réponse aux défis environnementaux ? Pour Serge Maabé, le rôle des Trésors doit être clairement défini dans cette nouvelle architecture. Les administrations du Trésor ne sont pas appelées à déterminer directement l’affectation des financements consacrés à l’économie du climat. Leur responsabilité se situe notamment dans les mécanismes budgétaires et comptables permettant d’identifier, de suivre et de sécuriser les ressources consacrées aux enjeux environnementaux. « Il appartiendra au Trésor de participer au marquage climatique, au marquage vert, du processus budgétaire. », explique le nouveau président de l’AIST. Cette approche doit permettre d’intégrer progressivement les considérations environnementales dans les processus ordinaires de gestion des finances publiques.

« Sanctuariser les ressources publiques »

Au-delà du marquage budgétaire, Serge Maabé veut que les ressources publiques destinées à la protection de l’environnement bénéficient de mécanismes de sécurisation adaptés. « Nous allons participer à l’identification de mécanismes qui puissent, je veux dire, sanctuariser les ressources publiques au profit de la protection de l’environnement. », annonce-t-il. Pour le nouveau président de l’AIST, les expériences partagées par les différents Trésors à Cotonou doivent désormais contribuer à enrichir les outils quotidiens de gestion. Cela concerne notamment la gestion de la trésorerie et la tenue de la comptabilité publique, deux domaines dans lesquels les administrations du Trésor peuvent contribuer à une meilleure prise en compte de l’impératif environnemental. L’ambition est clairement affichée : faire progressivement des Trésors « un acteur protecteur de l’environnement et par voie des conséquences de l’écosystème global ».

Pas de nouvelles initiatives sans évaluer les précédentes

Sur sa feuille de route à la tête de l’AIST, Serge Maabé affiche également une approche fondée sur la continuité et l’évaluation. Les décisions prises lors des précédents colloques, notamment celui d’Abidjan en 2025 et celui de Cotonou en 2026, doivent d’abord être mises en œuvre et évaluées. « Il m’appartiendra d’abord de m’assurer de leur efficacité avant d’envisager de nouvelles solutions. », explique-t-il. Parmi les initiatives à consolider figure notamment la journée des correspondants de l’AIST, destinée à réunir les correspondants des différents pays afin de renforcer la coopération au sein de l’organisation. Le nouveau président entend également donner corps aux séminaires thématiques consacrés à la gestion des finances publiques ainsi qu’aux webinaires et conférences en ligne.

Faire de l’efficacité le premier critère

Pour Serge Maabé, l’enjeu n’est donc pas de multiplier les initiatives, mais de mesurer leur utilité et leur efficacité. Les différentes actions déjà décidées devront être rendues effectives, puis évaluées avant que de nouvelles propositions soient formulées. Les éventuelles nouvelles initiatives devront, elles aussi, émerger des échanges entre les membres de l’association et faire l’objet d’un consensus. « On ne peut pas à ce stade avoir des initiatives isolées sans qu’elles découlent de recommandations plus ou moins consensuelles de l’association. », souligne-t-il. Cette approche place ainsi la coopération, la continuité, l’évaluation et la recherche de solutions concrètes au cœur du nouveau mandat.

De Cotonou à Kinshasa, le prochain rendez-vous

Avec l’élection de Serge Maabé, la RDC prend désormais le relais du Bénin à la tête de l’AIST et accueillera le prochain colloque de l’organisation. Une nouvelle étape qui s’ouvre après deux journées de réflexion à Cotonou sur les moyens de mettre les finances publiques au service de l’impératif environnemental. Du marquage climatique à la sécurisation des ressources, en passant par la modernisation des outils de gestion et l’évaluation des initiatives communes, le nouveau président entend inscrire son mandat dans une dynamique de mise en œuvre et de consolidation. À Cotonou, Serge Maabé a ainsi donné le ton : pour les Trésors publics, l’enjeu environnemental ne doit plus rester extérieur aux mécanismes de gestion des finances publiques. Il doit progressivement trouver sa place dans le budget, dans la trésorerie, dans la comptabilité et dans le suivi des ressources publiques.

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