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CRIET : Le Groupe sur la détention arbitraire de l’ONU est saisi pour le dossier Reckya Madougou ! Porto-Novo cédera ?

Photo : L’ancienne garde des Sceaux, ministre béninoise de la Justice, Reckya Madougou


L’auteure de « Soigner les certitudes » pourra-t-elle dire « Mon combat pour la parole », ce vendredi 10 décembre, et toujours indiquer « Les défis d’une mobilisation citoyenne pour la promotion de la gouvernance démocratique » paru aux Éditions l’Harmattan avec une préface de l’ancienne garde des Sceaux, ministre française de la Justice, Christiane Taubira ? Les béninois retiennent leur souffre. Pour non conformité aux dispositions électorales en vigueur au Bénin, la candidature à l’élection présidentielle du 11 avril dernier, de l’opposante Reckya Madougou avait été rejetée de la course à la Marina. Une élection remportée par le président sortant béninois Patrice Talon pour un deuxième mandat consécutif de cinq ans à la tête du pays. En pleine campagne préélectorale, l’élimination du choix du parti de l’opposition Les Démocrates n’a pas été bien digérée par la candidate et ses partisans qui ont voulu manifester, mais avec beaucoup d’infractions qui n’ont pas échappé à la vigilance des autorités judiciaires de Porto-Novo. Justement, c’est sur le chemin de retour de la capitale béninoise après un meeting politique, que l’ancienne garde des Sceaux, ministre béninoise de la Justice, de la Législation et des Droits de l’Homme du gouvernement de l’ancien président béninois Thomas Boni Yayi (2006-2016), sera interpellée, le mercredi 3 mars. Deux jours plus tard, soit le vendredi 5 mars, elle est inculpée pour « financement de terrorisme et association de malfaiteurs » et placée en détention provisoire à la prison civile internationale d’Akpro-Missérété, à cinq minutes de trajet de la capitale Porto-Novo, chef-lieu du département de l’Ouémé, au Sud-est du Bénin.

« Elle préparait des opérations pour semer la terreur et faire suspendre le processus électoral qui était en cours »

CRIET

Depuis 8 mois, le procès des opposants Joël Aivo et Reckya Madougou s’est ouvert selon la session criminelle de la Cour de Répression des Infractions Économiques et du Terrorisme (CRIET), le lundi 6 décembre. La juridiction a déjà jugé et condamné le professeur de droit constitutionnel, Joël Aivo, à une lourde peine de dix ans d’emprisonnement ferme et d’une amende de 45 millions de francs CFA. Ce vendredi, ce sera le tour de l’ancienne porte-parole du gouvernement Yayi de répondre présent à la barre devant une juge présidente de la session et du ministère public représenté par le procureur spécial de la CRIET, Mario Mètonou. Ce procès s’ouvre après deux demandes de sa mise en liberté rejetées par la CRIET, la juridiction basée dans le 3ème arrondissement de la ville capitale aux trois noms : Hôgbonou – Ajasè – Porto-Novo. L’actuelle Conseillère Spéciale du président togolais Faure Essozimna Gnassingbé au pouvoir depuis 2005 après la mort au pouvoir de son feu père, l’ancien président togolais Étienne Éyadéma Gnassingbé (1967 – 2005), lors de l’arrestation, la Cour de Porto-Novo expliquait qu’« elle préparait des opérations pour semer la terreur et faire suspendre le processus électoral qui était en cours ». Les avocats de la prévenue ont toujours déclaré que l’affaire était « purement politique ». Pour le conseil de l’icône du mouvement « ne touche pas à ma Constitution », le pire est à craindre. « Vu la conduite exclusivement à charge de l’instruction, nous pensons qu’il faut craindre le pire pour le procès à venir et que madame Madougou va à cette audience avec une certaine présomption de culpabilité. », estime Me Renaud Agbodjo, dénonçant que les droits de la défense ont été bafoués au cours de l’instruction fulmine dans le dossier Madougou.

« Je décolle pour Cotonou (Bénin) afin de défendre, avec mes confrères, Madame Reckya Madougou, femme politique, militante, candidate à l’élection présidentielle et ex-ministre. »

Me Antoine Vey

Un autre avocat de l’ancienne ministre de la Microfinance, de l’Emploi des Jeunes et des Femmes, toujours sous le gouvernement de l’ex-chef de l’État béninois Thomas Boni Yayi, ne craint pas le pire et se jette dans l’avion depuis Paris, la capitale française. « Je décolle pour Cotonou (Bénin) afin de défendre, avec mes confrères, Madame Reckya Madougou, femme politique, militante, candidate à l’élection présidentielle et ex-ministre. », a dit Me Antoine Vey, ce jeudi soir. Rappelons que le lundi 5 avril dernier, le juge Essowé Batamoussi en charge du dossier Madougou a démissionné et s’est exilé en France, dénonçant les pressions politiques. « Quelques mois plus tard, nous avons pu lui rendre visite à la prison. Ses conditions de détention sont minimales, sans communications libres avec l’extérieur, à part ses avocats. Une demande visant à améliorer ce cadre a été déposée et rejetée. », ajoute l’avocat français. « Toutes les demandes de mise en liberté de Reckya Madougou ont été rejetées et elle n’a jamais été confrontée à ses accusateurs. », soutient-il. « Au terme d’une instruction vide, son procès a été audiencé en quelques jours seulement. Pour être jugée seule, sans ses co-accusés, par une juridiction spéciale, qui a déjà condamné plusieurs opposants politiques. », précise l’avocat aux barreaux de Paris et de Genève. Il convient de noter qu’en prévision à ce procès, Me Antoine Vey apprend que « le Groupe sur la détention arbitraire de l’ONU et la Cour africaine des droits de l’homme ont été saisis ». « Demain, nous demanderons l’annulation de cette procédure et la remise en liberté immédiate de Reckya. », a signé l’avocat français.

 Wait and see ! 

Reste à savoir si la CRIET accédera à cette demande quand on sait que si la Cour de Porto-Novo n’acquitte pas, sa condamnation minimale est de 10 ans d’emprisonnement ferme et des dizaines de millions de Francs CFA.  La rédaction differenceinfobenin.com et celle du journal quotidien « Différence Info » du Groupe de presse « DIFFÉRENCE » ici à Porto-Novo, sont dans Wait and see !

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